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  • Rencontre avec les fans 22/07/2011

    Les RobinZon rencontrent leurs fans le 22 juillet 2011

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    Cette année les jeunes Robinzon connaissent de grandes difficultés pour venir à la rencontre de leurs admirateurs français.
    Les autorités Russes n'ont pu fournir aucune aide pour leur voyage. Le coût du tansport depuis la Sibérie représente de 2 à 3 mois de salaire pour les familles. Il faut ajouter à cela les frais d'obtention du visa. Et bien sûr, un minimum d'argent de poche en France comme vous le feriez pour vos enfants en visite à l'étranger.
    Bref les familles se sont "saignées" pour donner à leurs enfant la possibilité d'un deuxième voyage en France, une grande première pour certains d'entre eux.
    Nous avons donc décidé d'organiser une grande journée "V.I.P." privée afin de participer au financement de leur voyage, durant l'avant-dernière semaine du mois de Juillet (du 18 au 24).
    C'est un geste essentiel, d'autant plus que les enfants offrent toujours leurs concerts au public, cela dans la gaieté et la bonne humeur jamais démenties.
    Naturellement les fans qui ne peuvent participer à cette journée exceptionnelle, peuvent envoyer leur obole s'ils le désirent.

    Participation aux frais :
    SANS REPAS
    Adultes (à partir de 16 ans) : 49 €
    de 12 à 15 ans : 20 €
    moins de 12 ans : gratuit

    AVEC REPAS
    Adultes (à partir de 16 ans) : 89 €
    de 12 à 15 ans : 45 €
    moins de 12 ans : 20 €

    Les Robinzon donneront dans l'après-midi un mini concert avec la participation de Roni Beraha, violoncelliste Serbe de renommée internationale.

    Tous chèques à l'ordre de "Association Culturelle Franco-Slave"
    Pour les virements un RIB sera envoyé sur demande.
    Les réservations ne seront effectives qu'après paiement.
    INSCRIPTION AVANT LE 10 JUILLET

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    In diesem Jahr trifft die Gruppe des jungen Sängers Robizon seriöse Schwierigkeiten, um ihre Reise zu finanzieren, um ihre französischen Bewunderer zu treffen.
    Die russischen Mächte können ihnen Geld nicht geben, um ihre Reise zu bezahlen. Der Preis des tansport seit Sibirien geht von 2 bis zu 3 Monaten von Gehalt für die Familien. Man muß dazu den Preis vom Visum hinzufügen. Natürlich brauchen diese Kinder ein Minimum von Taschengeld, wie alle im Ausland reisenden Kinder.
    Bestimmte Kinder der Gruppe kehren nach Frankreich für das zweite Mal zurück. Für andere Kinder ist dieses Mal die Premiere. Die Familien haben große Aufopferungen gemacht, um in von ihr Kind diese Möglichkeit zu offir.
    Also organisiert unser Verein einen "VIP" privaten rasemblement, um Fonds zugunsten dieser jungen Sänger zu heben. Dieser Ansammlung wird in dritter Woche vom Juli (vom 18. bis 24. Juli) stattfinden.
    Teilnehmen ist wichtig, weil die Kinder immer ihre Konzerte dem Publikum mit der Munterkeit und der guten Stimmung schenken.
    Aber wenn die Bewunderer der Gruppe nicht anwesend sein können, wenn sie es wünschen, können sie eine Spende senden.

  • Les Robinzon en France : le reportage (1)

    ROBINZON FRANCE 2010

    affiche Robinzon 2010Nous y voici, avec combien de regrets… Le voyage des Robinzon est un souvenir. Mais l’un de ces souvenirs que l’on chérit, de ceux qui laissent briller des soleils en quelque part dans des replis protégés de nos mémoires. Ils sont faits de moments à jamais inoubliables qu’aucun discours, qu’aucun journal, qu’aucun site Internet ne pourra jamais rendre entièrement. Il nous faut dire un grand "MERCI" à ces artistes uniques qui nous ont tant donné.
    Au fil des jours une petite chronique de ce périple Français mené presque au pas de course a été consignée. Les images qui l’accompagnent sont de Sergey Anatolievitch Glukhikh, qui est par ailleurs un photographe de grande qualité, ou par des membres de l’encadrement. Sur les quelques 20000 images qui ont été réalisées, nous avons dû faire un choix difficile. Est-il le meilleur ? Nous l’espérons vivement. Plus tard nous vous offrirons un choix élargi, quand nous aurons fini de trier toutes ces images chargées d’émotion.

    5 AOÛT 2010

    5  août 2010, Aéroport international Charles de Gaulle, 10  heures 30.
    Le vol de la Rossiya-Russian Airlines est annoncé à l’heure. Le petit groupe d’hôtes Français est à pied d’œuvre, attendant l’arrivée de l’avion. Enfin le tableau d’affichage clignote. L’appareil s’est posé à l’heure prévue, à notre grand soulagement. Il nous faudra patienter encore quelques minutes, le temps du débarquement des bagages, du tri, des formalités douanières. Contre toute attente ces dernières seront rapides, un quart d’heure à peine.
    La porte automatique en acier du hall d’arrivée s’ouvre. Tous les membres du petit comité d’accueil examinent avec attention les visages, espérant reconnaître bientôt les minois des jeunes Robinzon. Bientôt, un à un, nos voyageurs Sibériens apparaissent, les bras chargés de bagages. Le groupe est venu, amenant avec lui ses instruments de musique soigneusement emballés. Les enfants comme les accompagnateurs Russes semblent avoir supporté le très long voyage sans grand dommage, sauf évidemment ceux que la fatigue imprime sur les visages. Français et Sibériens s’examinent furtivement en échangeant leurs noms, se saluent à la manière Française. Les traditions sibériennes viendront plus tard, quand nous aurons fait connaissance.

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    Le temps de répartir les bagages entre les différents véhicules, d’embarquer tout le monde pour la route encore longue vers les monts du Limousin, il est midi lorsque le convoi s’ébranle. C’est Serge qui mène la danse, il connaît parfaitement les particularités de la région. Malgré cela la traversée de Paris est ce qu’elle est. Les bouchons ralentissent le trafic, la chaleur rend la conduite pénible. Serge ne simplifie guère les choses : il connaît trop le circuit, finalement, du coup nous avons parfois un peu de peine à le suivre. Tant pis, au pire il y a un GPS sur l’un des véhicules, on s’en sortira toujours !

    ON MANGE FRANÇAIS !

    Peu avant Orléans nous faisons une halte dans un restaurant routier. Cela permettra à nos passagers de se dégourdir les jambes en reprenant des forces.
    C’est une petite première pour les Robinzon que la découverte de la nourriture populaire française. Nous confrontons en riant nos premières différences culinaires : les Russes préfèrent les viandes très cuites, ainsi que les plats très salés !

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    Nous reprenons la longue et monotone route nationale, de plus en plus désireux d’arriver enfin.
    Soudain le téléphone sonne, insistant. Comme s’il ne savait pas que l’on ne peut répondre en conduisant ! C’est Michèle, une amie qui ne connaît encore rien des Robinzon, qui demande l’heure d’arrivée du convoi en Limousin. " Vers 18  heures, peut-être avant si les radars, nids de poules et autres amusements ne nous retardent pas". " Alors faites un petit détour par la maison ", dit-elle, " J’ai préparé un goûter pour les enfants, avec des boissons. Ils pourront se détendre un peu ". Merci Michèle ! Ton idée est la bienvenue et l’intention chaleureuse.
    Un peu avant 18  heures nous arrivons au petit hameau, près de Châteauponsac, chez Michèle où les Robinzon prendront cette collation. Ils sont fourbus mais heureux. Bien vite leur naturel enjoué prend le dessus, ils se mettent à explorer l’endroit pendant que Sergey Anatolitch Glukhikh, le responsable du groupe en Sibérie et en France, débute ce qui sera une très longue série de photographies. Les garçons en profitent pour grappiller sur l’arbre des prunes encore un peu vertes, comme ils les préfèrent nous disent-ils, puis dire bonjour aux animaux de la ferme.

    Mais le temps commence à presser. Nous avions annoncé l’arrivée du groupe à l’hébergement aux environs de seize heures, il est presque dix-neuf heures. Un petit coup de téléphone durant le trajet avait averti les administrateurs du Village de Vacances de Bersac-sur-Rivalier que nous aurions un peu de retard, heureusement ! Les vingt derniers kilomètres nous séparant de notre point de chute défilent rapidement. La route est bonne de Châteauponsac à Bessines-sur-Gartempe, un peu plus sinueuse ensuite jusqu’à Bersac-sur-Rivalier. Le personnel du Village de Vacances nous a attendus. Ils font un accueil remarquable de gentillesse aux enfants et aux adultes, s’enquièrent des besoins de chacun, de ce qu’il faut préparer pour le petit-déjeuner du lendemain, puis nous informent qu’un solide repas attend les jeunes Robinzon. Nous descendons vers le grand bungalow dans lequel deux modules de 5 places sont réservés aux Robinzon. Sergueï procède à la répartition comme il le fera tout au long du voyage. Les enfants résideront dans le module numéro deux, séparés des adultes. Les adultes s’installent dans le premier. Il n’y a pas le temps d’ouvrir les bagages, il faut aller au restaurant le plus vite possible afin de ne pas faire attendre encore Régis et Annie qui font preuve d’une grande patience. Finalement, ce ne sera que le troisième repas pris en 5  heures !
    Ils sont curieux ces Français : ils mangent tout le temps ! Sans parler des petits grignotages innocents durant le trajet, ni du sort fait à un fameux carton plein de Carambars, qui nous accompagnera jusqu’au bout comme un ami fidèle.

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    JE SUIS UN ARTISTE ALORS JE CHANTE !

    Ce soir, le Centre a programmé une soirée à thème. Sergey tient un conciliabule en aparté avec Alexey, le petit lutin blond clair du groupe. Celui-ci semble être d’accord pour quelque chose de mystérieux. Un peu inquiets, nous ne comprenons pas pourquoi le bonhomme ne mange rien, refusant nos incitations. Nous regrettons ses refus, inquiets de n’avoir dit où fait quelque chose qui ait pu le blesser. Nous sommes tellement peu au courant des habitudes russes ! L’interprète finira par nous expliquer que l’enfant va remercier Annie et Régis en interprétant une chanson, qu’il préfère se préparer " dans sa tête ", qu’il mangera plus tard. Ouf ! Mais nous sommes à nouveau inquiets, chanter après plus de 24  heures de voyage, fatigué par les transports, nous ne voulons pas qu’Alexey se sente obligé. Demain sera un autre jour, n’est-ce pas ?
    Il n’y a rien à faire. Le gamin a décidé de chanter, il chantera ! Ce ne sont pas les Français qui vont l’en empêcher !
    Bien que visiblement ensommeillé, Alexey chante Santa Lucia . C’est pour nous aussi une véritable Première, notre premier choc, comme pour les autres convives, comme pour le chanteur professionnel chargé d’animer la soirée. Un " live " d’Alexey, même fourbu, ne ressemble en rien à une vidéo. La salle reste muette de saisissement, les fourchettes sont soudain figées à mi-chemin dans leur vol ravitailleur des assiettes aux bouches. Du coin de l’œil je vois que des visages se pincent un peu plus loin, l’air de rien, pour retenir les larmes d’émotion que fait jaillir la voix d’or du môme. Il faudra un bon moment pour que les sens ordinaires des commensaux reprennent le dessus, une fois la chanson terminée. Ce soir-là, les applaudissements sont pour Alexey. Ils sont sincères, ils sont mérités.

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    Puis vient le temps des échanges d’impressions sur cette première journée. Les Sibériens semblent avoir beaucoup apprécié notre accueil malgré l’érosion du long voyage. Des complicités amicales se sont déjà établies, et nous, pauvres humains, sommes tombés sous le charme de ces enfants tellement étonnants.

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  • Les Robinzon en France : le reportage (2)

    6 AOÛT 2010
    REPOS ET NUTRITION !

    Après une nuit de sommeil bien méritée, la matinée du 6 août a été réservée à la découverte d’une spécialité que certaines mauvaises langues prétendent Corse : le farniente. C’est compter sans la vitalité de ces gamins qui, à peine sortis des draps, se lancent dans une partie de football endiablée.
    Ce matin, encore une découverte pour nos Robinzon avec le petit-déjeuner typique Français. Thé, café, croissants, confitures, céréales, lait, jus d’oranges, yaourts, et surtout cette crème grasse et sucrée au chocolat et noisettes, qu’ils mettront à mal avec beaucoup d’application. Oh ! Il est vrai que les horaires prévus par le Centre ne sont pas tout à fait respectés, mais les enfants ont fait une telle impression que la personne qui s’occupe de tout ce petit monde les a rendus élastiques rien que pour eux. Il en sera ainsi durant tout leur séjour au Village de Vacances… Parce que nos musiciens préfèrent veiller jusqu’à des heures insolentes pour s’éveiller tard dans la matinée (pas trop quand même).

    Le reste de la matinée est consacré à une longue visite de Bersac. Les vieux bâtiments, les maisons, les fermes, les outils agricoles... tout passionne nos jeunes sibériens.

    Au déjeuner, Ah ! Les Français ne pensent qu’à manger, nous l’avons déjà noté ! Enfants et adultes goûtent consciencieusement à tous les mets, sans exception, sans à priori. Leur responsable les autorisera même à tremper les lèvres dans les vins… Qu’ils apprécieront !

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    Jean-Michel Bertrand, le maire de Bersac, est venu leur donner le bonjour pendant le déjeuner. C’est le petit lutin du groupe, Alexey, qui le premier lui tend la main en déclarant, à notre surprise, avec son accent d’au-delà les frontières un magnifique "Bonjour Monsieur le Maire. Comment allez-vous ? Je m'appelle Alexey". "Monsieur le Maire" est conquis, sans rémission possible. Tour à tour les autres membres de Robinzon se présentent. Pour chacun d’eux nous indiquons à Monsieur Bertrand quel est leur poste au sein du groupe.
    Ces petits diables savent créer une ambiance agréable. Tout le monde est séduit par leur naturel et leur simplicité, touché par leurs frimousses. De tout le voyage nous ne rencontrerons jamais quiconque qui soit insensible à leur charme.
    L'après-midi, déjà bien entamé, est consacré à la préparation de leur premier concert donné sur le sol français.
    Vers 18 heures nous nous rendons à Compreignac où les attendent Jacques Pleinevert et Rolande Douillard, respectivement Maire de la commune et Présidente du Syndicat d’Initiative, pour qu’ils prennent leurs marques dans l'église, qu’ils installent leurs instruments à leur convenance et réalisent l’indispensable balance. Pour la première fois de leur vie de groupe musical, les Robinzon vont se produire dans une église. C’est une chose qu’ils nous disent impensable en Russie où ces lieux sont exclusivement consacrés… au sacré.

    COMMENT RUINER DES CERTITUDES

    Un jeune homme de Compreignac, musicien, a promis au Maire de prêter son assistance pour les réglages de la sonorisation. À pied d’œuvre, il se rend vite compte que les Robinzon n'ont besoin de personne. Ce garçon dit devoir aller répéter avec son groupe, qu’il le regrette mais ne pourra hélas pas assister au concert. Jusqu'au moment où les garçons commencent à chanter, équilibrant leurs voix en vue de la prestation qui va se dérouler sous peu. Notre musicien s’empare d’un siège dont il ne bougera plus jusqu’à la fin de la soirée ! Captivé, il en oubliera d’avertir ses amis de son absence, ses collègues qui doivent l'attendre avec quelque amertume. Après tout ils n'avaient qu'à venir à l’église. On sait bien que les absents n’ont que très rarement raison ! Après le concert il nous confiera son désarroi. C'est pour lui une véritable révélation musicale, l’une de celles qui remettent en question le travail effectué jusqu'alors. La différence de niveau est telle qu'il se demande sincèrement si ça vaut la peine de continuer. Mais oui ! Bien sûr ! Il n'y a que le travail qui fasse progresser. Les Robinzon le montrent amplement.

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    Les habitants du village, attirés par les échos jaillissant à travers les murs épais de l’édifice, et par la perspective d’un concert "hors normes", s'approchent, un peu effrayés par les sonorités très rock envahissant leur église, sono à fond. Petit à petit la vieille église du XIIe siècle se remplit. Elle sera comble bien avant l'heure ! Les gens sont déjà "scotchés" par ce qui n’est pour l’heure qu’essais et répétitions. Des personnes sont venues de villages voisins, certaines même de plusieurs dizaines de kilomètres. Pour entendre "ça". À l’heure prévue, la représentation commence devant une église bourrée. Un camp d'ados venus du Nord est également là, dans l’expectative. Que vont donc faire ces gamins, vont-ils chanter un répertoire désuet ? Seront-ils à la hauteur de leurs attentes ? Les questionnements vont bon train.

    QUE LA FÊTE COMMENCE !

    Les Robinzon donneront donc leur concert pour deux publics, proposant du lyrique et du pop et du rock. Après une brève présentation du spectacle faite par l’Agent Artistique du groupe, puis par un petit discours de remerciements proposé par Sergey en pur Russe auquel les spectateurs n’auraient sans doute rien compris sans le truchement de l’interprète, Alexey, Ilya, Vanya et Misha attaquent a capela avec "Эх, дороги" (Les chemins), sous les applaudissements. Puis Alexey humidifiera les paupières d’une bonne partie de l’auditoire avec son "Je chante" magnifiquement interprété. Le magistral solo de batterie d'Ilya conclura cette première partie, cette prise de possession des lieux, rassurante pour les artistes et pour les auditeurs.

    Notre satisfaction est grande en entendant les tonnerres d’applaudissements, tous publics mêlés, que soulève chaque morceau. Les aînés pleurent d'émotion, de joie aussi peut-être. Les jeunes, si désappointés au début, ne sont pas les derniers à en redemander. Le concert ainsi lancé se poursuivit jusqu'au final, une chanson très animée, "Je pilote". Une "standing ovation" très dynamique, tout à fait inattendue dans un lieu de culte, fit revenir les garçons trois fois de suite. Heureux et fiers d’avoir su impressionner leur premier public français. En cadeau, Alexey chanta "Santa Lucia", communiquant sa jeune ferveur au public désormais complètement conquis. Nous avons découvert ici des enfants possédant la même capacité à transmettre des émotions que possède Isabelle Aubret, capable de faire frissonner une salle de 5 000 personnes.

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    APRÈS L’EFFORT, LE RÉCONFORT

    Après quoi un bon buffet attendait les Robinzon. Les enfants ne mangent jamais avant un concert. Les personnes de l’Amicale Laïque et du syndicat d’initiative durent faire preuve de patience un peu plus longtemps que prévu, le temps que les autographes, photos, discussions acceptées de très bonne grâce par les jeunes musiciens soient épuisés. Malgré les fatigues accumulées et les effets du décalage horaire, pas encore complètement résorbés, les enfants faisaient honneur au repas, échangeaient quelques mots avec les élus locaux et Monsieur Stéphane Veyriras, le Conseiller Général du canton venu tout spécialement quasi-incognito pour entendre ces gamins qu’on lui avait recommandé.
    La narration de cette journée ne serait pas complète si l’on omettait de dire qu’à la faveur du buffet nos jeunes Robinzon découvrirent le cidre, une douceur inconnue en Sibérie, qui restera leur boisson préférée pendant toute la tournée, loin devant les sodas sucrés couleur de café noir !

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  • Les Robinzon en France : le reportage (3)

    7 AOÛT 2010
    VACANCES !

    Ce matin nos Robinzon sont d’attaque dès 9 h 30. Ils commencent à s’habituer aux us et coutumes locales, les effets du décalage horaire entre la Sibérie et la France sont déjà fortement estompés. Sergey veille également à ce qu’ils n’adoptent pas un rythme trop décalé. Sibérien ou pas, les heures de sommeil manquantes portent sur la santé et le dynamisme des jeunes gens. Sergey est un vrai père pour sa petite troupe qu’il conseille, console, cajole mais enguirlande avec autorité quand il le faut. La preuve qu’il est juste dans ses remontrances nous sera donnée plus tard, quand nous constaterons que ses remarques sont prises en compte sans difficulté, même s’il est arrivé que des larmes flottent aux plis des yeux, parfois… C’est dur la vie d’artiste !
    Un nouveau petit-déjeuner, toujours entouré de l’empressement du personnel du centre qui ne sait que faire pour rendre le séjour agréable aux enfants. Il ne serait pas fair-play de ne pas adresser un grand "MERCI" sincère et chaleureux à cette agréable équipe dont les enfants se souviendront longtemps.

    Pour le déjeuner, un pique-nique (dont le choix du contenu avait été fait par les enfants) était organisé au lac de Saint Pardoux, lieu agréable où les Robinzon comptaient profiter des plages et des aménagements pour une journée de détente. Nos jeunes ont été très étonnés du sans-gêne de certains pique-niqueurs ayant allumé un feu à même le sol, malgré les interdictions justifiées par les risques d’incendies. Ceux-là sont chez eux partout, ils ne respectent pas grand-chose… Quoi qu’il en soit, fruits, sandwiches et melons mûrs à souhait ne restèrent pas dans les paniers.

    SURPRISE À BÂBORD !

    Par une heureuse coïncidence, les jeunes chtis présents la veille à la Première de Compreignac arrivaient peu après. Du coup, les uns reconnaissant les autres avec sympathie, un match de foot était organisé à brûle-pourpoint. Hélas, le match devait être rapidement interrompu. Michèle est venue rejoindre notre petite équipe, annonçant que nous devions nous rendre sans délai à la base nautique située à l'autre bout du lac où "une surprise attendait les enfants".
    Pour une surprise c’en était une ! Les Robinzon, au courant de rien puisqu’il s’agissait d’une surprise, étaient bien un peu déçus d’avoir à abandonner ces jeux de ballon. Heureusement la base nautique n’est qu’à quelques kilomètres de la "plage au foot". Nos jeunes artistes restaient tout de même dans l’expectative, se demandant visiblement à quelle sauce ils allaient être mangés. Sûr que leur ballon leur manquait !

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    Arrivés sur place, leur joie fut grande : la surprise consistait en une initiation au ski nautique, une activité entièrement nouvelle pour ces garçons. C’est Stéphane Veyriras, Conseiller Général du Canton, qui a tenu à leur offrir cette activité. Cela méritait bien la frustration d’une partie de football interrompue. Mais il faudra attendre encore quelques minutes, que combinaisons et dispositifs de sécurité soient choisis pour chacun d’entre eux. Déjà les premiers équipés trépignaient sur le ponton, attendant pilote et moniteur dont ils écoutèrent avec attention les explications.

    Satisfaction intense des jeunes et des accompagnateurs en voyant que les néophytes sibériens se débrouillaient fort bien, respectant à la lettre les consignes reçues, passant de la barre à la longe serrée, puis longue, sans hésitation. Il est vrai qu'astreint à une sérieuse maîtrise sur scène, ils n'ont guère de problème à aborder des activités nouvelles pour peu qu'on leur explique bien ce qu'ils ont à faire. Tous réussirent brillamment, heureux et fiers de cette activité inattendue fort plaisante. Nous devons décerner une mention spéciale à Ivan Okhrimenko, qui se payait le luxe de traverser la traînée du bateau à plusieurs reprises sans fléchir, sans "aller au bouillon". Un vrai maestro !
    Envoyons également un coup de chapeau à Alexey, qui, ne sachant pas nager, n'a jamais montré la moindre réticence, et qui bien au contraire nous a rendus plutôt fiers devant son engagement et son courage. Alexey était d'ailleurs toujours le premier à tester les activités proposées, sourire aux lèvres. Quel phénomène que ce bout de gamin !

    Dans un coin du Club Nautique, le Président Alain Bouchet discutait avec l’Agent Artistique du groupe, jetant des regards en direction des Robinzon. Que complotaient-ils ces deux-là ? Y aurait-il eu un problème, quelque chose d’anormal ? Nous n’en sûmes rien, sauf qu’il faudrait revenir demain, vers 10 heures si possible. Bon… Tout ce que nous pûmes tirer de ces personnes se résuma à cela : "demain, une nouvelle surprise attend les Robinzon, nous revenons demain matin, rien de plus".

    LA FÊTE DE LA BATTEUSE

    Nous devons néanmoins nous presser un peu, car il faut être de retour à 17 heures à Bersac, afin de décider de la façon dont nous allons participer à la Fête de la Batteuse organisée par le Comité des Fêtes, sous l’égide de Pascal et d’Évelyne Lagrogerie. Nous avions pensé que quatre ou cinq chansons suffiraient compte tenu de notre participation décidée tardivement, l’animation étant déjà programmée de longue date. En fait, nous sommes conviés à donner un concert d'une heure, juste avant le bal musette prévu pour 22 heures et devant s’étirer tard dans la nuit. Nous devons attendre que les musiciens du groupe de musette finissent de s'installer car nous devrons utiliser leur matériel, qu’ils ont réglé aux petits oignons pendant deux heures, avec beaucoup de méticulosité. À la balance audio nous rencontrons quelques problèmes techniques, car n'ayant pas de suffisamment d’entrées libres pour y connecter tous les instruments Robinzon, nous ne pourrons pas modifier les réglages qu'ils ont faits pour eux et serons donc obligés de composer en fonction de cela. Cependant Alain Vincent, le responsable du groupe musette accepte de bonne grâce quelques adaptations nécessaires.

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    L'acoustique d’un bal parquet n'est pas idéale, loin s’en faut. Les bois et tentures amortissent fortement les harmoniques, il est quasiment impossible d’obtenir une diffusion homogène des sons. Sergey et l’Agent Artistique se mettent d’accord sur un réglage qui leur semble optimal. Ces deux-là ont pratiquement la même oreille, ça simplifie les choses même s’ils sont perfectionnistes ! Nous allons de surcroît devoir jouer devant des spectateurs en train de dîner, ce pour quoi ils sont venus. Une fois n'est pas coutume nos jeunes artistes dînent avant d'entrer en scène. Évelyne et son équipe de jeunes bénévoles apportent des plateaux chargés de tranches succulentes de viande, celle d'une vache entière cuite doucement à la broche depuis le matin. C’est assez inhabituel pour les Robinzon, mais grandement apprécié !

    C'est l'heure, notre heure. Nous sommes un peu désorientés car les gens mangent, mangent ! Et d'autres arrivent encore, pour manger. L’Agent Artistique fait un peu "la gueule", estimant que les fourchettes devraient bien cesser leur tintinnabulement le temps de quelques chansons. Mais allez donc éduquer une foule vorace affamée, vous ! Cependant un public plus intéressé par la musique que par la nourriture se masse autour de la scène. Ils ont assisté, pour beaucoup, au concert de la veille. Ils ont voulu profiter encore de la magie Robinzon… Une fois encore le miracle se produit : chantant et jouant dans des conditions plus que difficiles, ces enfants se révèlent être de grands professionnels capables de s’adapter à n’importe quel environnement. Qui ne les a vu qu'en vidéo ne les a pas vu !
    Dans leur tournée française les Robinzon n'auront jamais réellement la possibilité d'exprimer totalement leur talent. Ils durent jouer sur des scènes très petites, avec des sonorisations pas toujours bien adaptées, parfois en des lieux inadéquats, ou en des endroits à l’acoustique médiocre.
    Mais tous ceux qui les ont vus sur scène ont été transportés par ces musiciens exceptionnels possédant des voix "à faire fondre des pierres".

    Didier Ouvrard, un professionnel reconnu, qui était le responsable de la sélection des artistes pour "La chance aux chansons" de Pascal Sevran, était venu rendre visite à notre Agent Artistique dont il est un ami. Ce dernier tenait absolument à ce qu’il puisse se "faire une oreille" des Robinzon. Venu de loin, il assista aux balances sur la sono "musette". Il entendit les enfants tester les divers styles de leur répertoire lyrique, classique/rock, rock, hard. Ému aux larmes, complètement bouleversé, il préférera ne pas assister au concert. La charge émotionnelle ressentie était trop vive. Un autre converti aux Robinzon ! Et pas des moindres, qui nous confiera n'avoir pas eu de telles émotions musicales depuis de nombreuses années. Merci Didier d’être venu, malgré l’inquiétude que nous avons eue de te voir reprendre la route dans l’état de fatigue que tu affichais, après ces centaines de kilomètres parcourus.
    Hugo et Paul Coulongeon, deux jeunes toulousains que nous avions aperçus à Compreignac la veille, l’œil rivé à leur caméscope, sont présents, accompagnés de leur grand-père. Nos trois caméras nous ayant lâchement abandonnés nous leur demandons qu'ils nous fassent une copie de leur enregistrement, s’ils le veulent bien ? Oui, bien sûr ! Mieux, leur grand-père, qui dispose d’un matériel professionnel, propose d'enregistrer l’intégralité de la soirée de Bersac. Il ne reste à ce moment-là qu’une heure avant l’entrée en scène des enfants. Il se précipite chez lui, à 30 kilomètres de distance, pour aller chercher son matériel. La petite équipe de cinéastes va nous faire dans les jours qui suivront une fameuse surprise. Ils ont réalisé dans le silence de leur studio un montage habile des enregistrements réalisés à Compreignac et à Bersac, puis réalisé un DVD qui sera prochainement disponible dans la boutique du site.
    Merci à eux ! À noter que le plus jeune des deux frères, Hugo, un garçon d’une dizaine d’années est également batteur. Sûr que les Robinzon vont lui donner l'idée de monter un groupe ! Après leur concert nos jeunes Robinzon se sont retirés simplement, pour aller s'installer sur la terrasse de leur chalet, à quelques dizaines de mètres de la fête. Fatigués ? Que non ! L’heure relativement peu tardive, puisqu’il n’était encore que 23 heures et des broutilles, leur fournit l'occasion de se mettre à jouer d’un jeu français assez primaire, il faut bien le dire ! Au nom cédant à la terrible anglomanie, le "Jungle speed". Ils ne s'arrêteront pas de taper les cartes, même lorsqu'ils entendront la musique interprétée par leurs "confrères" professionnels pour le bal musette. Plusieurs des musiciens du groupe nous ont avoué être "bluffés" par ces gosses qui les dépassaient de loin. Les gosses, eux, vivaient leur vie de gosses, sans plus se soucier des efforts de leurs confrères condamnés à terminer honorablement la soirée. C’est la vie !

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  • Les Robinzon en France : le reportage (4)

    8 AOÛT 2010
    À L’EAU, À L’EAU !

    Comme l’habitude en était désormais prise grâce à la complicité attendrie du personnel du Village, le petit déjeuner fut tardif. Mais ces moments privilégiés, où tout le monde était rassemblé, restaient essentiels. Puis il fallut organiser le départ pour la lointaine Base Nautique, où nous étions attendus si possible avant 11 heures. Michèle a préparé un copieux pique-nique en plus de ce que nous avons prévu. Comme tous ceux qui les ont approché, cette femme volontaire et efficace a adopté les jeunes sibériens d’emblée, prête à se mettre en quatre pour leur bonheur. Michèle… qui a fait une forte impression à Sergey, lequel ne cesse de répéter « Michèle, super woman ! » en toute occasion. Devant l’abondance de nourriture les petits musiciens vont croire que nous cherchons à les engraisser, ou alors ils vont penser secrètement que les français considèrent la nourriture comme une drogue. Chers enfants ! Ils sont, sans le savoir, vraiment dans le pays pour les habitants duquel la gastronomie est un art majeur. Il sera toujours temps de le leur raconter, plus tard, quand ils reviendront sur les souvenirs imprimés dans leurs mémoires, plus tard, plus tard ... Là-bas, à Ichim.

    TOUS AUX BOUÉES !

    "Ce matin, les enfants, vous allez goûter aux joies d’un sport assez physique". L'initiation aux bouées tractées derrière un puissant bateau reçoit un accueil aussi enthousiaste qu’en avait reçu le ski nautique la veille. Et cela dure ! La joie des petits et des grands est un véritable plaisir à voir. À leur tour subjugués par tant de joie, les moniteurs du club nautique font dans le grandiose, bien décidés à laisser des impressions impérissables chez ces garçons qui les remercient à leur manière. Les enfants ont des étoiles plein les yeux, leurs rires éclatent au soleil comme des cascades de bonheur partagé. Qu’il fait bon vivre !

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    Puis c’est une autre surprise, un cadeau inattendu offert par le club qui se dévoue pour ceux qui sont devenus « ses » amis de Russie. L’apéritif au Champagne, jus de fruits et amuse-gueules est un vrai bonheur, surtout pour les plus jeunes qui s’amusent à compter les bulles naissant mystérieusement dans le liquide, fascinantes et éphémères. D’un commun accord, simplement, les chanteurs offrent un petit récital privé "a capella", leur façon de remercier de tout leur cœur devant les familles des responsables.

    Si les français sont systématiquement emballés par les Robinzon, ces derniers sont réellement stupéfaits de l'accueil qui leur est réservé. En échange ils savent faire plaisir, immensément, à leurs hôtes. Jamais l'amitié Franco-Russe ne s'est si bien portée qu’en ces instants partagés à bâtons rompus, dans la chaleur de l’amitié réciproque.

    UNE VIE D’ENFANT

    Quand on a entre 11 et 17 ans, la présence d’une eau claire irisée de soleil invite inévitablement à la baignade. C’est une demande unanime du groupe que d’aller faire trempette sur la plage, alors que nous nous apprêtons déjà à remonter dans les voitures. Mais oui, bien sûr! Il suffit juste de retourner à la plage au foot d’hier, et tout sera dit. Ce n’est qu’à quelques kilomètres, c’est parti ! C’était sans compter sur l’attachement des gens du club nautique, qui offrirent la cerise que l’on prétend toujours posée sur le gâteau : il n’est pas question que les enfants aillent à la plage dans des automobiles surchauffées, non, non! C’est à bord des gros hors-bords de l’association qu’ils iront là-bas! C’est beaucoup mieux sur l’eau vous savez ? Il est inutile, je pense, de préciser avec quel enthousiasme l’offre fut accueillie. Nous, pauvres pêcheurs sans barque, nous contenterons de cuire derrière les pare-brises. Bien que nous n’ayons pas mis très longtemps à rejoindre la plage convoitée, nous retrouvons certains des Robinzon déjà en train de jouer au foot pieds-nus, c’est une seconde nature chez eux, pendant que d’autres se baignent avec volupté. Quelques jolis coups de soleil vont orner les peaux claires. Bonjour Biafine !

    INVITATION CHEZ L’HABITANT

    Ce soir nous sommes invités chez Bernard et sa famille, à Fromental, où nous attend un barbecue. Une fois de plus l’hôte a bien fait les choses. Il y a là un buffet fait de légumes préparés avec des sauces variées, des fruits, et surtout le sacro-saint melon sans lequel il n’y a pas de vrai repas, du point de vue des enfants. Le barbecue tient ses promesses. Aux cotés des figatelli , les fines tranches de cochon grillées obtiennent les faveurs des gamins qui en réclament encore. Bande de tendres gourmands!

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    Bernard, sa petite famille ainsi que deux de leurs amis de passage ont reçu, après le repas, un mini concert privé chanté "a capella". Ceux-là étaient déjà à Compreignac le premier jour, il y en avait même quelques-uns qui pour la seconde fois écrasaient quelques grosses larmes, pas vraiment invisibles sur le visage d’un homme de plus de soixante ans visiblement ému. Comment font-ils, ces mômes, pour transmettre autant de plaisir simplement en chantant ? Cette façon de vous regarder dans les yeux, durant leurs prestations, prend aux tripes.

    L’AGENT PAPA POULE

    Ces mini-concerts offerts par les enfants heureux, strictement à leur initiative, se renouvelleront partout où les enfants seront invités. La règle pour l’Agent Artistique est qu’ils ne chantent que s’ils le désirent, sans obligation. S’ils estiment avoir été mal reçus, ou s’ils se sentent trop fatigués, il est hors de question de les obliger. Mais ils ne seront jamais mal reçus. Leurs amis les aiment vraiment, parce qu’ils sont sans artifices, agréables et aussi terriblement talentueux.
    Ces mômes là aiment chanter, c’est une évidence que les chants quasi permanents qui emplissent les voitures durant les trajets ne démentent pas. Chanter est leur vie.
    Tard dans la soirée tout le monde était d'humeur très joyeuse, d'autant plus que les jeunes avaient pu téléphoner longuement à leurs familles, amis et petites copines restés à Ichim. Merci Bernard !
    Puis c’est le retour au Village de Vacances pour y passer une nouvelle nuit. Il faut se coucher le moins tard possible... un rendez-vous expressément demandé par Aleksey attend le groupe le lendemain matin.

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  • Les Robinzon en France : le reportage (5)

    9 AOÛT 2010
    DEVOIR DE MÉMOIRE

    À la demande d'Alexey nous voici en route vers le village martyr d'Oradour-sur-Glane en Haute-Vienne, brûlé le 10 août 1944 par la Wehrmacht avec 640 hommes, femmes et enfants. Cette visite est offerte à titre personnel par Stéphane Veyriras, le Conseiller Général du canton de Nantiat. Stéphane s'est montré être un ami dévoué des Robinzon. C’est lui qui a examiné Ivan qui souffrait sans se plaindre, de la gorge disait-il. Il s’avéra que la gorge n’avait rien, mais que l’enfant subissait le contrecoup des expositions au soleil un peu trop prolongées de la veille. Il prescrivit quelques remèdes simples, de la boisson en quantité et surtout… Beaucoup de repos ! C’était sans compter avec la vitalité du patient, qui dédaigna avec le sourire tout repos forcé, préférant aller taper dans un ballon en compagnie de ses camarades. Ah la jeunesse ! Impétueuse et insouciante. La fraîcheur du soir aidant, nous fûmes vite rassurés de le voir gambader près de la rivière arrosant le moulin de Serge, comme si rien ne s’était jamais produit.

    ORADOUR-SUR-GLANE

    À Oradour, les enfants ont été très impressionnés. Ils regardaient en silence les terribles images exposées là, témoins graves d’atrocité presque inimaginables pour les jeunes générations. Eux dont les grands-parents ont lourdement payé leur tribut à la folie des hommes ne pensaient pas que des villages français, aussi, aient pu souffrir ainsi durant la seconde guerre mondiale. Serguey, silencieux, était visiblement très ému. Que pensait-il ? Il nous dit simplement que c’était quelque chose de terrible qu’il faudrait ne plus jamais pouvoir reproduire.

    Nous avons arpenté la rue principale décharnée du village, suivant les rails rouillés du vieux tramway descendant jusqu’à l’église. Dans ce bâtiment furent enfermés les femmes et les enfants, nouveau-nés compris. L’histoire raconte que les assaillants déposèrent une caisse d’engins incendiaires dans l’édifice, puis en fermèrent solidement les portes. Le vieux clocher de pierre devint la cheminée par laquelle l’incendie s’aviva. La température monta jusqu’à faire fondre la cloche de bronze, dont les vestiges épuisés sont encore visibles, en bas, sur les dalles de pierre. Nos Robinzon regardaient, sans un mot, les débris navrants de ce qui était sans doute un lieu de recueillement et de paix des âmes avant ce 10 juin inoubliable, pourtant désormais si lointain. Leur attitude respectueuse contrastait avec celle d’autres visiteurs dont les bambins piaillaient et couraient, agités de déplacements aléatoires de jeunes animaux peu soucieux des autres, sans qu’aucune remontrance ne les rappelle à une dignité de circonstance. La visite du village est longue, aussi l’avons-nous écourtée un peu, parce que c’est beaucoup de sentiments lourds que nous aurions imposés à nos jeunes artistes. L’ambiance des lieux nous fit presque regretter de les avoirs amenés là. Nous craignions d’avoir perturbé leurs jeunes vies avec quelque chose de trop terrifiant, délivré en bloc, brutalement. Le Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane expose les faits sans ambages. N’est-ce pas trop pour des enfants d’à peine plus d’une dizaine d’années ? Ce matin-là les enfants ne chantèrent pas durant le trajet de retour.

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    LES OBLIGATIONS ET LA DÉTENTE

    En début d'après-midi de nombreux élus locaux et quelques amis du groupe avaient organisé la réception officielle sur le territoire Français des "petits Russes". Entre les discours d’amitié réciproque prononcés par les élus, puis par Serguey, les enfants reçurent des cadeaux puis une collation… où il y avait du cidre, en plus des traditionnels jus de fruits. Les enfants comme leurs accompagnateurs furent sensibles à cette marque d’intérêt majeur qui leur était faite. Être reçu officiellement par des représentants du peuple Français leur montrait l’importance qu’avait aux yeux de tous cette expérience unique. Une personnalité du monde musical régional, professeur de musique, s’était déplacée spécialement depuis Limoges pour prendre contact avec le groupe. Celle-ci nous assura de son soutien sans condition pour l’avenir, pour la prochaine tournée du groupe qui ne pourra évidemment pas éviter de revenir en Limousin. Une fois encore nos enfants offrirent à l’assistance un mini-récital improvisé, applaudi debout. Décidément, ceux-ci n’ont pas besoin de scène illuminée de laser, ni même de musique pour conquérir les spectateurs. Le talent, simplement.

    De retour à Bersac, place à la détente ! Une bonne pause football puis quelques parties de ce fameux "jungle speed" au Village Vacances estompèrent les lassitudes de ce début de journée bien rempli. Pour nous, il fut assez frustrant de voir des jeunes visiblement intelligents perdre leur temps en s’adonnant à une pseudo-activité totalement passive, tellement que même une huître conciliante l’estimerait indigne d’elle. Enfin ! Il faut bien que jeunesse se passe, même si les "vieux" s’étonnent de l’insipidité de certains jeux. C'est sans doute beaucoup plus grave que des adultes cèdent à la facilité en adoptant des choses médiocres où n’est requise aucune forme d’intelligence.

    INVITATION CHEZ L’HABITANT (bis)

    Pour la soirée, le groupe est invité à dîner chez Serge, dans son vieux moulin à grain magnifiquement restauré puis transformé en gîte luxueux. Serge et Nicole ont préparé un buffet apéritif et quelques mets délicats auxquels les Robinzon feront honneur. En quelques minutes l’énorme oie rôtie sera réduite à l’état de squelette, et le veau en sauce qui cuisait depuis le matin subira un sort tout aussi délicat. Tout cela après l’incontournable melon, bien entendu !

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    Serge a déjà participé au transport depuis l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaule. Maintenant il reçoit les enfants chez lui, sur les bords du Rivalier dans un site arboré magnifique, bordé d’une minuscule étendue d’eau calme où quelques clips vidéo sont spontanément tournés par Serguey et sa petite troupe d’enfants heureux. Les résidents du gîte, des Hollandais préoccupés de vacances agréables, restent comme interdits en écoutant chanter les Robinzon juchés sur un radeau leur servant de gondole. Ces concerts improvisés dégagent une émotion puissante, presque palpable. Les visages de l’assistance ne démentent pas cette affirmation, une fois de plus. Tous ceux qui ont assisté à ces prestations spontanées en garderont précieusement le souvenir dans un écrin, près du cœur. Il suffit d'y penser, ou d'en parler pour que l'émotion rejaillisse, intacte.

    Hélas ! Tout à une fin, même les meilleures choses. C'est le retour au Village Vacances, pour la dernière nuit passée au cœur du Limousin.
    Nos musiciens ont été particulièrement bien accueillis et choyés dans cette belle région qui a su garder encore un aspect un peu sauvage. Notre Agent Artistique, qui réside non loin de Bersac à l’ordinaire, s’est éclipsé. Cela lui permettra sans doute de ne pas montrer à quel point il regrette de ne pas pouvoir garder encore quelques temps la petite équipe. Mais… Demain sera un autre jour !

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  • Les Robinzon en France : le reportage (6)

    10 AOÛT 2010
    LES MONTS D’AUVERGNE

    C’est aujourd’hui la dernière matinée de détente à Bersac. C’est aussi le dernier petit-déjeuner, et le dernier déjeuner qui seront pris sur place.
    Comme lors de tous les départs règne une atmosphère curieuse, à la fois détendue et fébrile. Nous allons quitter ces lieux où quelques habitudes sont déjà prises, où des amitiés commençaient à se concrétiser.

    AU REVOIR LES ENFANTS !

    Nos hôtes sont émus, Annie, Mireille, Patricia, Régis se sont attachés aux Robinzon en bien peu de temps. Cet attachement, qui n’est pas que de façade, se concrétise par un cadeau, geste généreux et spontané, tout comme la gentillesse qu’ils auront toujours montré envers notre petit groupe durant le séjour. Rien n’était trop beau pour faire plaisir à ces enfants venus de si loin, avec leurs sourires et leur gaieté. Ils sont désormais les « jeunes Sibériens » du Village de Vacances, un qualificatif empreint de tendresse et d’amitié. Quels souvenirs !

    C’est la matinée des dernières photos et Sergey ne se prive pas d’user son déclencheur, comme d’autres qui ont pour l’occasion sorti les appareils les plus variés du fond des sacs où ils gisaient, en vacances eux aussi. Oh ! Il ne faut pas oublier de dédicacer les affiches que nos hôtes conserveront précieusement, comme des fanions marquant des heures peu banales, en attendant de recevoir les images sélectionnées spécialement pour eux. Régis, lui, a tenu à aller chercher ses enfants. Sa fillette est une jeune « fan » des Robinzon… Cécile, qui ne quitte plus le groupe, s’arrange pour gagner le droit d’accompagner la petite troupe jusqu’à Goudet, et d’y passer la nuit. Elle remontera en Limousin le lendemain, avec Serge, en passant par Alès. Un fameux voyage !

    COEURS LOURDS

    Et puis… C’est le départ. Nous laissons sur place quelques personnes qui ont le cœur gros. Cette fois, c’est « à la Russe » que nous saluons les amis. On voit bien qu’il y a des accolades un tout petit peu plus prolongées que d’ordinaire, que certains évitent de regarder trop l’assistance… Sans doute que quelques yeux rougissent un peu. Des paroles restent suspendues, incapables de franchir les lèvres qu’elles ne pourraient forcer qu’en devenant sourdes, révélatrices, trop peut-être. Il y a vraiment beaucoup d’émotion dans cette séparation, beaucoup de regrets aussi. Les voitures roulent, hésitent un peu à la sortie du Centre, puis accélèrent rapidement, laissant derrière elles un nuage de souvenirs éclatants un peu empreints de tristesse, en cet instant.

    C’EST BEAU MAIS CHAUD

    La route est lourde, qui va vers notre étape auvergnate. La chaleur, bien sûr, écrase un peu les passagers, mais quelques regrets d’avoir quitté un lieu accueillant aussi. Malgré tout le caractère enjoué des enfants reprend le dessus. Les chants et les rires vont bon train, entrecoupés de sommes dolents suscités par l’ennui d’une longue traversée.

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    Serge, s’est offert pour transporter le groupe jusqu’en vallée du Rhône où nous changerons de véhicule. Aux alentours de Clermont-Ferrand, la traditionnelle pause détente permet aux jeunes de découvrir la campagne Auvergnate. Sergey, bien sûr, en profite pour filer à l’anglaise afin de prendre une série de clichés. Pendant ce temps tout le monde fait ce qu’il a prévu de faire, boit, grignote, et remonte en voiture. Serge, lui, démarre sans trop se préoccuper de savoir si le second véhicule suit. Homme pressé ! Du coup, le « beau gosse » comme il est surnommé, finit, à force d’oublier de regarder dans ses rétroviseurs, par perdre les copains. Ce n’est pas très grave puisque tout le monde sait - en principe - où il va. C’est sans compter sans la complexité du réseau routier secondaire, presque inextricable dans ces régions montagneuses ! La voiture de queue finit par s’égarer à son tour grâce à son GPS, évidemment. Par surcroît de bonheur les téléphones GSM ne « passent » pas dans cette campagne foisonnante. Finalement, Serge réussit à joindre l’Agent Artistique resté à Bersac, qui à son tour appelle la voiture suiveuse pour lui indiquer l’endroit où le véhicule pilote s’est arrêté afin d’attendre que le convoi se reconstitue. Il n’y aura qu’une heure de perdue à s’attendre on ne sait trop où en réalité, vers Saint-Georges d’Aurac. Enfin, les premières maisons de Goudet apparaissent, marquant la fin proche du voyage. Nous y installons nos tentes pour la nuit, que nous espérons reposante après les kilomètres avalés de force.

    CAMPEMENT

    Renouant avec des habitudes qui ne sont pas inconnues des Robinzon, c’est la première nuit sous la tente après le séjour au Village de vacances de Bersac. Les jeunes s’affairent à monter les couchages, guidés par les accompagnateurs. Puis tout le monde se resserre autour du repas, au cours duquel l’incontournable melon réapparaît comme par magie, accompagné de pizzas, de charcuterie, de cidre et de jus d’ananas.

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    Après quoi une partie du groupe décide d’aller jusqu’au Monastier sur Gazeille assister à une soirée jazz au festival des cuivres. L’autre partie, vraiment très fatiguée, fait mine de dormir. Sergey revient enthousiasmé par le spectacle durant lequel, par un tour de passe-passe des plus étranges, « l’immense fatigue » de ceux qui ne sont pas allés se réjouir les oreilles s’est transformée en énergie bien suffisante pour chahuter.
    Néanmoins, tous s’endorment très vite dans la nuit fraîche et calme contrastant avec la chaleur pénible des heures de route au soleil de l’été.

    ET SI...

    Dans leur tente, certains accompagnateurs à demi somnolents ont un peu de mal à comprendre d’où leur vient le déroutant sentiment de plénitude qui les étreint. Peut-être est-ce parce qu’ils ne sont désormais plus de simples convoyeurs, mais commencent à devenir des membres acceptés du petit groupe qui, finalement, les a adoptés ?

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  • Les Robinzon en France : le reportage (7)

    11 AOÛT 2010
    HARDI LES GARS !

    Après un réveil relativement matinal le démontage des tentes commence… déjà.

    Le petit déjeuner reste classique, avec toutefois l’incontournable melon charentais que les garçons apprécient particulièrement quel que soit le moment de la journée.

    Après quoi une partie de football achève de réveiller et de mettre en forme la joyeuse équipe. Un jeune campeur de leur âge, un peu seul, est très chaleureusement intégré dans le groupe.
    Mais nous avons un rendez-vous au Puy-en-Velay... il faut donc quitter ce nouvel ami, non sans avoir fait quelques photos en sa compagnie.

    RENCONTRE

    Au musée Crozatier du Puy-en-Velay, c'était un autre sibérien qui nous attendait dans son congélateur. En effet une rencontre avait été organisée par le conservateur entre Robinzon et « Khroma », un bébé mammouth mort il y a 50 000 ans, retrouvé en Sibérie l'an dernier.

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    Exposé en chambre froide derrière une épaisse vitre, l’histoire de l’animal a vivement intéressée nos jeunes visiteurs, ainsi que l'exposition "Mammouths et compagnie".
    Entre temps, Elena Sagnol, Présidente locale de l'association Franco-russe, et sa fille Elisa nous rejoignaient pour faire connaissance avec le groupe et apporter une petite touche slave supplémentaire dans ce coin d'Auvergne. Elena, d'origine russe, a gardé un très bel accent !

    LE VIN, LE VIEUX

    Le déjeuner arrosé entre autres d'un vin boudé avec quelques raisons par nos nouveaux connaisseurs, fut vite terminé. Le groupe commençait une visite de la vieille ville pavée avec ses vieux bâtiments et ses sympathiques commerces.

    Une boutique médiévale retint particulièrement leur attention. La visite se poursuivit jusqu’au pied des escaliers de la cathédrale. A leur vue, les garçons plein d'attention et d’un peu d’ironie tentaient de faire asseoir l’un des accompagnateurs d’âge mûr, pour « ménager son cœur et ses artères » dirent-ils le sourire aux lèvres. Celui-ci, un peu vexé, engagea une course dans cette rude montée. L’épreuve ne fût emportée que d'un cheveu par Vanya, hilare mais essoufflé. Humour, attentions, malice, rires, l'ambiance était au beau fixe malgré un petit crachin somme toute pas désagréable.

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    CRIMEE

    Tout le monde s'est montré très intéressé par la cathédrale et ses dépendances. Enfin, le groupe s'engagea dans l'ascension de la Vierge du Puy, fondue, quel drôle de revanche, avec l'acier des canons pris pendant la guerre de Crimée aux armées russes. Décidément, même l'histoire nous rapprochait. Le spectacle visible depuis la plate-forme et depuis l'intérieur de la statue était saisissant. L'appareil photo de Sergey et le petit caméscope de Maxim doivent en frémir encore! Malheureusement, le temps passait trop vite. Il nous fallu reprendre la route en direction de la Vallée du Rhône où Patrice, Serge et Cécile nous avaient précédés.

    MOSCOU SUR RHÔNE

    Nous arrivâmes suffisamment tôt pour faire une petite halte au magasin "Moscou", lieu de rendez-vous de la communauté Russe de Valence. Nous prîmes un rapide repas dans une cafétéria, puis fîmes une courte visite nocturne de la ville avant de repartir vers notre campement. Même pas fatigués, nos garnements se montrèrent très facétieux. Leur joie était si vive que nous eûmes beaucoup de mal à les faire dormir. Il le fallait pourtant : le lendemain s'annonçait comme une journée chargée !

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  • Les Robinzon en France : le reportage (8)

    12 AOÛT 2010
    À LA COURSE

    Sept heures du matin. Au premier coup de clairon c’est le branle-bas de combat dans les chambrées. C’est que nous sommes attendus à Grenoble, distant de quelque cent kilomètres. Le petit matin est encore frisquet des humeurs pluvieuses de la veille. Au-delà des fenêtres la nature s’éveille lentement, les oiseaux ne pépient pas encore à leur plein régime. Des vagues de brouillard léger rosissent le paysage de longs rubans éthérés flottant à ras de terre. Pour une fois le petit-déjeuner sera rapidement avalé. Les jeunes n’ont pas le temps de rêvasser pour chasser les dernières brumes de la nuit qu’il faut déjà songer à se mettre en ordre de marche. Le chargement du minibus sera effectué dans la foulée, avec les gestes encore un peu lents de ceux dont les habitudes sont quelque peu bouleversées par cette agitation fébrile. Ça s’active, ça piaille, ça court, le véhicule est gavé dans le plus joyeux brouhaha. Tout y est ? Personne n’a rien oublié ? Rien de perdu ? Où est Sergey ? AH ! Il est là, son appareil photographique en bandoulière, déjà, prêt à faire feu sur tout ce qui bouge, et sur tout ce qui ne bouge pas. Après un dernier tour de piste pour vérifier que les lieux sont laissés exempts de petits papiers de friandises, menus objets oubliés malgré tout, nous prenons place dans nos fières mécaniques et quittons Epervière avec le sentiment d’attaquer le Sud de la France « en vrai ». Le rendez-vous est fixé à 9 heures aux "Cuves de Sassenage". Malgré notre célérité matinale nous aurons à peine 10 minutes de retard. Mais personne ne nous en voudra, nous ne sommes ni les premiers, ni les derniers à jouer à l’élastique avec l’horloge.

    CUVÉE 2010

    Les "cuves de Sassenage", situées à la résurgence du Germe, une rivière souterraine formée entre autres par les eaux collectées dans le fameux Gouffre Berger, sont en réalité un immense réseau de galeries remontant jusqu’à une hauteur de mille mètres dans la montagne. Leur majesté particulière aurait, dit-on, inspiré Dante pour l'écriture de la "Divine comédie". Il se raconte même que la fée Mélusine s’y serait réfugiée après s'être enfuie du Poitou.
    Aménagées depuis 1865 les Cuves sont vraiment impressionnantes à parcourir. C'est après la section « touristique » du site que M. Emmanuel Gondras, le spéléologue très connu créateur de Spéléoconcept, a concrétisé l'idée de transposer à une grotte le principe porteur de l' "accrobranche". L’Accrogrotte® était née ! Premier et brillant exemple de réalisation de cette idée au monde, le parcours d’Accrogrotte des Cuves de Sassenage fera sans aucun doute très rapidement des émules en France, en Europe et même en Russie.

    MAJESTUEUSE OBSCURITÉ

    C'est dans la splendeur ténébreuse des agoras souterraines que nos jeunes sibériens, invités exceptionnels de Manu, découvrirent avec beaucoup de plaisir cette activité véritablement époustouflante.
    Dûment revêtus de combinaisons imperméables, les têtes protégées de casques munis d’une petite lampe frontale qui en amusera plus d’un, harnachés de baudriers, de solides longes et de tous les accessoires indispensables à des spéléologues, les Robinzon pratiquèrent un parcours parsemé de câbles, d'échelles, de ponts de singe, de vires, de passerelles, de tyroliennes, avec peut-être l’écrasant étonnement de savoir qu’existaient plusieurs centaines de mètres de montagne au-dessus d'eux.

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    Ce fut un parcours très physique, une épreuve sportive éprouvante, notamment pour les deux accompagnateurs adultes russes : Evguéni, qui bien qu’assurant l’interprétariat n’en est pas moins qu’un jeune homme en col blanc peu habitué aux activités sportives de ce genre, et notre ami Sergey, qui arriva à petit pas vers la sortie, couvert de sueur, bien qu’il soit un excellent randonneur. Naturellement certains des garçons étaient également relativement las. C’est à mettre sur le compte du lever un peu matinal et sur celui du transport toujours un peu fatiguant qui ne leur ont pas permis de disposer de la totalité de leur potentiel.
    Nous adressons un grand merci aux équipes de Spéléoconcept et Spéléomontagne pour ce cadeau inoubliable. Leur présence rassurante, leurs conseils, leur professionnalisme et leur gentillesse font de ce parcours une inoubliable expérience.

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    Après le déharnachement dans la bonne humeur, un peu empreint du regret de ne pouvoir poursuivre encore l’aventure, nous sommes redescendus vers les véhicules lâchement abandonnés quelques centaines de mètres plus bas. Le sport ça creuse ! L’heure du ravitaillement des ogres affamés étant arrivée, nous avons décidé de rallier le Centre Commercial proche afin de restaurer les forces de tout ce petit monde, avant de faire route vers la Grotte de la Luire. Le trajet permettrait à certains d’entre nous d’apprécier les magnifiques paysages du massif du Vercors, à d’autre de reprendre le cours de la nuit interrompu ce matin tôt. Mais.

    12 août : suite =>

  • Les Robinzon en France : le reportage (9)

    12 AOÛT 2010 (suite)
    MAGASINS, PLEASE !

    Mais ! Si le repas à cafétéria fut un bon moment de détente apprécié de chacun, nous n'avions pas imaginé que les enfants, apercevant les magasins gorgés de fournitures pimpantes, se jetteraient dessus comme des affamés. Soucieux d’accéder à ce plaisir supplémentaire en veillant toutefois à ne pas trop altérer notre programme nous avons acquiescé à leurs demandes… Pressantes.
    Malheur ! À notre grand dam nous avons découvert que les enfants, lâchés dans un magasin de sport ou de vêtements, se conduisaient comme les mauvaises langues racontent que se comportent les femmes frivoles. Autant dire qu’il ne s’agit pour les accompagnateurs que de ne pas perdre patience pendant les longues heures que durèrent leurs recherches fébriles, moments d’admiration béate devant la profusion d’articles rigoureusement inutiles donc absolument indispensables, longs instants brûlés pour ne finalement presque rien acheter. Le jeu était simple, il s’agissait pour nos Robinzon de « faire » quatre magasins, puis de revenir au premier visité, puis au second !
    Un gymkhana éprouvant pour les accompagnateurs peu habitués à ce genre de sport.
    Le plaisir émerveillé de nos jeunes amis était bien compréhensible, car il faut savoir que les vêtements sont beaucoup plus chers en Sibérie, de l’ordre du simple au double d'après ce qu'ils nous ont dit. Leurs parents les avaient dotés d'un budget spécifique, destiné à leur permettre d’alimenter leur garde-robe ainsi que, un peu, celles de leurs proches.
    Les emplettes durèrent longtemps. De ce fait il n’y eut pas de visite des plus beaux sites du Vercors. C'était bien dommage, mais la route jusqu’à la Grotte de la Luire devait être avalée rapidement, sans détour ni pause, car nous étions attendus.

    SCROGNEUGNEU !

    Arrivant sur place nous fumes toutefois confrontés à un contretemps aux airs de catastrophe. Par une suite de quiproquos ou d’incompréhension, l’information ayant parfois un peu de mal à circuler, il n'y avait pas de sonorisation prévue pour le concert que nous devions donner dans la grotte. Catastrophe ! Daphné et son mari sont persuadés que nous apportons tout le matériel nécessaire, nous sommes quant à nous convaincus que tout est déjà disponible sur place. Il est déjà tard, mais il ne saurait être question d'annuler au dernier moment ce concert exceptionnel que nos petits musiciens attendent avec toute l’impatience inhérente à la jeunesse. Personne n’étant décidé à baisser les bras, nous finissons par trouver in extremis un sonorisateur professionnel capable de nous dépanner, en grevant toutefois très sérieusement notre budget. Pouvions-nous assumer cette dépense imprévue ? Pas vraiment. Mais pour ces enfants si attachants, que n’aurions-nous pas consentis ? Nous avons accepté les conditions du prestataire, reléguant provisoirement à plus tard la mission de trouver une âme généreuse susceptible de "faire le raccord".
    Il nous fallait attendre l'arrivée des professionnels chargés installer le matériel de sonorisation, et de s'occuper de la régie son. Le temps passait, notre inquiétude grandissait pendant que les premiers spectateurs se présentaient. Nous n'avions toujours rien, ce qui exacerbait nos nerfs de plus en plus tendus.

    En attendant, notre joyeuse petite troupe visita la grotte avec un accompagnateur spécialement attitré. Ils furent enchantés des explications fournies concernant le spectacle Son et lumière qui leur furent données. Les Robinzon également sont naturellement enchanteurs. L'acoustique du lieu leur plaisant, ils se mirent à chanter, sans façon, comme des enfants heureux chantent pour le plaisir en courant au soleil de juin en attrapant les papillons. Les quelques personnes présentes bénéficièrent d'un mini-concert impromptu, sans doute inattendu, dégageant une fois de plus une puissante émotion.

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    Nul ne put rester insensible à la couleur des voix en écoutant "Er Darogi", Les Chemins en Français plus généralement traduit par "Ah, la route !", une belle composition Russe relatant la fureur des temps de guerre, mise en musique par A. Novikov, interprétée avec tant de profondeur en ce haut lieu de la résistance par de très jeunes gens.

    LAST BUT NOT LOST

    La camionnette du sonorisateur arriva un quart d’heure à peine avant l’heure prévue pour le début du concert. Il fallait encore transporter le matériel dans la grotte, assez loin, puis procéder à son installation, effectuer les réglages, puis les balances. Un bonheur ne survenant jamais seul, c’est bien connu, des picotements de mauvais augure ressentis par les guitaristes alertèrent l’équipe technique. S’ensuivirent des vérifications poussées. Il n’y avait pas de prise de terre sur l’installation électrique de la grotte, ce qui rendait impossible l’utilisation des instruments. Le régisseur son, de son côté, essayait de trouver des solutions, Daphné était dans tous ses états. Nous, malgré notre optimisme qui commençait à n’être plus qu’une façade, nous demandions si nous n’allions pas devoir finalement tout annuler. Quelle déception cela serait ! De quoi entamer la bonne humeur qui depuis le 5 août présidait à notre aventure.
    Pendant ce temps, des dizaines de spectateurs s’étaient agglutinées devant le porche d’entrée. Comment reculer ? Nous ne pouvions l’envisager en aucune manière, il fallait trouver une solution fiable à ce problème de dernière minute. Daphné fit patienter le public du mieux qu’elle put, en distribuant généreusement les crêpes qu’elle avait initialement prévu de vendre au profit du groupe Robinzon. SOS Daphné fit un excellent travail pendant que les artistes, qui avaient terminé leurs balances, décidaient de donner un avant-goût du spectacle promis en offrant une petite récréation « a capela » sous le porche.

    Le public ne se montrait nullement impatient, mais les Robinzon étaient très gênés bien que totalement étrangers à ce retard inopiné. Braves garçons, pros jusqu’au bout des ongles ! Comme d'habitude le succès fut au rendez-vous. Sans musique, sans accompagnement, dans la pénombre et le froid, ces gamins réussirent une nouvelle fois à conquérir le cœur des spectateurs, demeurés muets de saisissement devant les étonnantes performances de ces petits Russes aux vibrantes intonations.

    SILENCE ! LUMIERE !

    L’équipe technique avait trouvé la bonne solution, assurant une prise de terre de bonne qualité à notre installation. Les guitaristes n’étaient plus transformés en clôture électrique lorsqu’ils touchaient les cordes de leurs instruments.
    Il était grand temps de faire entrer le public. Dans la grande salle, seule la scène était éclairée. La température n’était que de sept degrés. Les artistes prenaient leurs marques mais ils souffraient un peu du froid quand même.
    Qu’à cela ne tienne, nos jeunes réchaufferaient le public rapidement, nous pouvions compter sur eux ! Daphné avait envisagé que le concert dure vingt minutes, compte tenu de l’environnement. Il faisait froid, l’humidité suintant des voûtes tombait en gouttes infatigables sur les spectateurs, les artistes, les instruments. Inquiétude…
    C'était sans compter sur la volonté inaltérable de nos garnements. Ils voulaient tout donner, montrer ce qu’ils savaient faire, et profiter à fond de cette occasion exceptionnelle qui leur était offerte, celle de jouer dans un haut lieu de l'histoire du Vercors, et dans une grotte.
    Le concert fut très rock, avec quelques morceaux de hard-rock, mais aussi avec les titres de « pop » qui participent à leur succès.

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    Pendant plus d'une heure au lieu des vingt minutes annoncées, le public disséminé dans l’immense salle, debout, même légèrement frigorifié vibra à l'unisson des chanteurs et musiciens. Ilya, qui déchaîna ses 11 ans comme un beau diable sur sa batterie, termina le concert en sueur, seulement revêtu d’un t-shirt, pieds nus. Son jeu ce soir-là avait quelque chose d’exceptionnel. Alexey, Vanya et Misha donnèrent absolument tout le meilleur d’eux-mêmes. Les guitaristes oublièrent complètement leurs « inquiétudes électriques » pour fournir ce qui fut probablement leur meilleure prestation Française. Dire que l’Agent Artistique n’était pas là pour voir ça !

    PARI GAGNÉ

    Dans la grotte, tout le monde avait oublié le froid et l'eau, sautant, criant, agitant les bras levés en cadence, applaudissant à tout rompre. Mais pouvions nous être étonnés, maintenant que nous commencions à bien connaître les qualités musicales des Robinzon ?

    Ce soir-là le public eut bien du mal à quitter les lieux. Il fallut sacrifier aux séances de photographies, aux dédicaces, aux échanges entre artistes et spectateurs avant de pouvoir démonter, puis rapporter les équipements, là-bas, à l’endroit éloigné où sont garés les véhicules. Bien que l’heure fût tardive, les jeunes Robinzon ne semblaient pas spécialement fatigués. Chez eux, la satisfaction du travail bien fait tient lieu de moteur.
    Les crêpes offertes par Daphné firent les délices des enfants. Ceux-ci n’en abusèrent pas, pensant qu’un « vrai repas » viendrait compléter la collation, plus tard. Mais non ! Étant donné l’heure tardive, il était impossible de trouver un restaurant acceptant encore de servir autant de monde. Du coup, les jeunes finirent de consommer le stock de crêpes avant de reprendre la route.
    Il fallu encore pas mal rouler pour rejoindre le camping du Couriou à Recoubeau-Jansac et profiter d’un repos bien mérité. Ce fut une longue journée, fertile en émotions diverses. Le trajet par le Col du Rousset permit les échanges d'impressions sur cette nouvelle première dans la vie du groupe qu’était de chanter dans une grotte. Et puis, la somnolence finit par s’emparer des enfants, confortablement installés au chaud dans les véhicules.
    Au Couriou, Patrice avait bien fait les choses. Pendant que le groupe était à Grenoble, il avait précédé l’équipe de quelques heures afin de monter les tentes et d’installer un campement confortable, prêt à accueillir les petits campeurs.
    Ce soir-là, personne ne se fit prier pour aller dormir. La journée se terminait comme elle avait commencé, sur les chapeaux de roues !
    Bonne nuit, à demain !

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  • Les Robinzon en France : le reportage (10)

    13 AOÛT 2010
    LA BULLE ! LA BULLE !

    Après la journée du 12 août assez fertile en évènements, finalement plutôt longue et éprouvante quoi que l’on dise, la journée du 13 août s'annonçait beaucoup plus calme et, l’espérions-nous, reposante.
    Confortablement installés dans leurs tentes plantées sur un bel emplacement du terrain de camping, les Robinzon s’adonnaient à l’un des menus plaisirs prisés des adolescents : la grasse matinée. Qui n’est pas du tout une spécialité occidentale, contrairement à ce que voudraient faire croire quelques esprits chagrins.
    Mais avez-vous déjà tenté de maintenir enfermé un jeune chat habitué à la liberté, vous ? La puissante vitalité des jeunes sibériens a besoin d’espace, de mouvement, de vie. Après avoir pris le petit déjeuner tranquillement, de façon quasiment familiale, leur naturel vivace prenait possession du mini terrain de football aménagé à l’intention des campeurs, pour s'y adonner à l’une de leurs activités favorites qu’est le jeu à pieds nus.
    Bien vite des liens amicaux furent noués avec les jeunes campeurs d’autres familles.

    SANS BARRIERE

    La barrière de la langue, si redoutée par les adultes, source d’incompréhensions politiques et même parfois de conflits plus ou moins larvés, ne devient qu'un inconvénient d’aspect mineur pour des adolescents bien éloignés des préjugés.
    Le contact établi, chaleureux, transformait assez rapidement les simples "passes" de ballon en un petit match France-Russie fort bien disputé.
    A notre grande confusion présente, il est inutile d’expliquer à qui nos encouragements étaient adressés !
    Non parce que nous étions dépourvus de cette fierté nationale qui fait la France, mais plutôt par empathie avec ces petits bouts d'hommes venus de si loin.
    Ceux-là qui au fil des jours ne cessaient de nous impressionner par leurs qualités artistiques, mais aussi par leurs capacités humaines. Il serait difficile de dire encore, sans tomber dans l’excès rédactionnel, qu’ils sont gentils, attentionnés, toujours gais, curieux de tout, d'une simplicité étonnante compte-tenue de la vie particulière qu'ils mènent, et surtout, surtout : ouverts aux autres.
    Bref ! Sans contrefaçon ce matin là nous étions Russes.

    Ah ! Ah ! Ce que c’est que la confiance aveugle ! Notre équipe était sévèrement rossée par les jeunes français par un bon quatre à zéro qui nous fit monter un peu de rouge aux joues. Bouh !
    Pourtant nous étions quelque peu favorisés, puisque nous alignions également deux "grands" de 17 et de 23 ans, face à ces adolescents Français bien plus jeunes. Mais nous jouions pied nus, c’est sûrement là que se situait la clef de notre défaite, n’est-ce pas ? Elle n'altérait cependant pas la bonne humeur de nos musiciens qui, tout en réclamant une hypothétique revanche, devaient, le temps passant toujours trop vite d’un repère rythmant les journées à l’autre, aller s’occuper de la préparation du repas de midi.

    GRILL ET GRILLE

    Tout le monde mit la main à la pâte, à tour de rôle et selon ses possibilités et préférences. Enfin à la pâte c’est beaucoup dire, parce qu’il y en eut point. Nos garçons avaient choisis, qui donc s’y attendait ? Le grill, bien entendu, puisque leurs préférences vont à ce mode de cuisson.
    L’inévitable melon était aussi de la fête. Celui-là tenait tous les rôles, aussi bien au petit déjeuner, qu’en hors d’œuvre, apéritif ou dessert. A coté de lui les bananes ne faisaient pourtant pas triste mines. Prévues pour terminer le repas, elles étaient bien souvent consommées avant même que l’idée de s’installer à table soit répandue dans le groupe. Enfin, des saucisses coopératives cuisaient sans protester, lentement, dans les solides grills installés en plusieurs endroits du camping.

    Comme toujours les blagues allaient bon train, chamailleries de mômes et asticotages plus ou moins insistants égayaient ces instants de simple amitié. Sergey, pour une fois, oubliait son rôle de stakhanoviste de la pellicule en se laissant aller à une torpeur béate.
    Le camping du Couriou possède des équipements modernes très appréciés des campeurs. L’après-midi de nos joyeux Robinzon se déroula donc tout naturellement en milieu aqueux. Ensuite de quoi l’occupation des transats s’imposait. S’agissait-il de parfaire les bronzages entamés à Saint-Pardoux, ou plus prosaïquement de coincer la bulle quelques moments favorables à une petite sieste en attendant de sécher ?

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    NE RIEN FAIRE N’EST PAS SIBÉRIEN

    Les occupants du camping du Couriou ne sont pas à la peine pour trouver des activités. Les enfants prirent rapidement possession de VTT, testant les pentes dans tous les sens, venant parfois lancer un petit coucou rassurant auprès des courageux accompagnateurs sagement restés auprès des tentes. C’était aussi histoire de voir si l'on n’avait pas besoin d'eux, mais aussi de se désaltérer ou de grignoter quelque morceau de melon régénérateur.
    Avec l'arrivée du camion de sonorisation aux environs de 17H30, l'activité artistique reprit peu à peu le dessus avec l’installation du matériel, les divers réglages, les balances instrumentales et l’ajustement des micros, le placement vocal des uns et des autres. Alexey, sans aucun complexe procéda aux opérations simplement vêtu d’un maillot de bain, ce qui donna une démonstration assez surréaliste lorsqu’il entonna Santa Lucia dans cette tenue assez peu usitée pour la chose!

    Les Robinzon prirent tout le temps nécessaire à affiner leurs réglages, s’efforçant de compenser par un peaufinage "aux petits oignons" l’inadéquation de l’endroit, pas vraiment prévu pour recevoir des concertistes en action. Un certain public un peu plus curieux que d’autres assistait à cette mise en place, public bien vite intéressé, parfois même carrément subjugué. Pour lui, voir ces adolescents à peine sortis de l'œuf maîtriser la technique comme de véritables professionnels, procéder à des réglages fins que la plupart des oreilles ne décelaient pas, avait de quoi l’étonner. On en oubliait presque la présence de Sergey, auditeur attentif au moindre détail, malgré son souci de perfection.

    OH ! QU’IL EST BEAU !

    Enfin les garçons retournèrent à leurs tentes, à la fois pour se mettre dans la peau des artistes qu’ils allaient une fois encore redevenir, puis enfiler leurs tenues de scène.
    A ce sujet ils se montrent un peu perfectionnistes. Certain accompagnateur français se souvient encore avec quel acharnement Ilya et Alexey essayaient d'enlever de microscopiques taches sombres sur leurs belles chaussures blanches. Il se fit un devoir de les aider… sans jamais voir où pouvaient bien être ces fichues taches !
    Il est toujours assez étonnant de voir Alexey sortir des vêtements toujours très soigneusement pliés de sa valise et les y replacer avec beaucoup de méticulosité.
    La joie sincère de ces garçons remplace tous les remerciements du monde lorsqu'un ami français, lequel a passé sa journée à faire des lessives, leur rapporte leurs vêtements fraîchement repassés. Les sibériens sont faits d’un mélange curieux. A la fois gamins et responsables, turbulents et sérieux, joueurs et professionnels.

    Entre temps, Sonia, maman d’Amandine, 6 ans et de Nina, 10 ans, les deux premières fans des Robinzon était rentrée de vacances deux jours plus tôt que prévu, afin de ne surtout pas manquer la prestation du groupe. Les deux petites filles, déjà en rapport épistolaire avec Sergey et Alexey via l’Internet, s'étaient fait accompagner par cousins et amis, tous convertis à la musique sibérienne par les deux prosélytes juvéniles. Nina est d'ailleurs certainement la première petite européenne à avoir accroché au-dessus de son lit un autographe géant offert par Alexey en début d'année. Rapidement admises dans la chaleur du groupe, les fillettes pétillaient de joie. Amandine abandonnait brusquement sa passion pour Alexey en découvrant Ilya. "Oh ! Qu'il est beau !"
    Notre cher Ilya, onze ans au moment des faits, en court peut être encore !

    EN SCENE LES GARS !

    L'heure du concert étant arrivée, notre petit groupe rejoignait le restaurant où la scène était installée.
    Que pouvons-nous raconter d'un concert des Robinzon que nous n'ayons pas encore écrit ?
    Le public était composé en grande partie de hollandais, un peuple qui n’exprime guère ses émotions, même pas son enthousiasme. Des français rencontrés à la Luire avaient également fait le chemin jusque là. Parmi eux se trouvait un musicien professionnel, totalement conquis par le Groupe. Il disait, à cinquante ans passé, ne rêver que d'atteindre un jour leur niveau. L’entendre était agréable, même si nous savions parfaitement bien que c’était là le plus beau compliment que puisse faire un musicien à ses collègues.

    Il y avait aussi beaucoup d'enfants et d'adolescents qui n'avaient pas complètement terminé leur repas, mais des bruits avaient courus après la répétition, forcément perçue dans tout le camping, et déjà un silence attentif régnait.
    Les œuvres étaient présentées en russe, en français et même en hollandais, toujours avec une petite pointe d'humour. Nul obstacle linguistique n’embarrassait les plus jeunes massés au bord de la scène, parfois presque sur les pieds des Robinzon. En effet, menés par Nina et sa petite troupe d’amis qui connaissait phonétiquement les paroles de nombreuses chansons, les plus jeunes montraient un enthousiasme très communicatif qui fit sourire à de nombreuses reprises des Robinzon agréablement surpris. Certains morceaux, très appréciés des jeunes fans, étaient réclamés à grands cris lorsqu'ils n'arrivaient pas assez vite. Pourtant nos jeunes avaient choisis de varier les plaisirs et les morceaux s'enchaînaient rapidement, certains n’ayant pour but que d’entraîner le public dans la fête. Pari réussi, le fougueux "I love rock n'roll" de Vanya était repris en cœur par l’auditoire en délire ! Voir les spectateurs chanter et sautiller en cadence à quelques centimètres d'Alexey hilare valait bien de faire le déplacement.
    Le concert s’étendit bien au-delà de l’horaire prévu, malgré le départ d’une partie du public hollandais très respectueux des heures strictes du coucher.
    Alexey, comme il en avait pris l’habitude, termina la soirée en chantant un vibrant Ave Maria, dans le silence soudain d’un parterre de spectateurs émus.
    Mais avant d’aller au lit, il fallu toujours avec la même gentillesse sacrifier à l'habituelle séance de photos et de dédicaces, pour le plus grand bonheur des personnes présentes.

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    Puis les garçons affamés firent un mauvais sort aux lasagnes maison que les restaurateurs leur servirent à l’occasion d'un copieux repas. Leurs petits fans français avaient bien du mal à quitter leurs idoles, mais il fallait les laisser manger tranquillement. Sonia récupéra sa troupe de bambins en promettant de revenir dès le lendemain passer un moment ensemble.

    DEMAIN…

    Il était temps pour les sibériens d'aller dormir, d'autant plus impérativement que pendant le concert, Sergey après avoir bavardé un moment sur le match de football franco-russe de la semaine, avait lancé un défi aux hollandais pour le lendemain matin.
    Le manque apparent d’adhésion du public hollandais, le départ de certains d'entre eux un peu prématuré nous inquiétait un peu.
    N'avaient-ils pas appréciés nos enfants ? Le démenti, rassurant et étonnant nous sera donné le lendemain. Les bataves avaient acheté de nombreux CD du Groupe ! En passant dans les allées du camping, nous eûmes l’agréable surprise d'entendre les airs des Robinzon dans tous les bungalows, caravanes, camping cars et même sous les tentes.
    Et puis, toutes ses fillettes et ces jeunes filles qui n'arrêtaient plus de tourner autour de nos emplacements achevèrent de nous rassurer. Ilya ! Reviens !

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  • Les Robinzon en France : le reportage (11)

    14 AOÛT 2010
    SACS AU DOS, BOYS !

    C’est notre dernière matinée au Camping du Couriou. Comme par enchantement, tout le monde s’éveille relativement de bonne heure. Sans doute l’effet de l’air pur de la campagne, mais comme la matinée s’annonce légèrement chargée, ce n’est qu’un avantage qui permettra d’effectuer les rangements habituels, démontages de tentes et… De jouer quelques parties de ballon bien vigoureuses. Du coup, la rencontre Russie-Hollande annoncée par Sergey sera remplacée par une rencontre Russie-France. Il y aura quand même quelques palabres interminables pour savoir combien de joueurs s’affronteront. Malgré notre léger parti pris en faveur de nos enfants, il faut bien reconnaître que Misha peut être parfois animé d’une relative mauvaise foi. Son caractère affirmé de grand adolescent crée pendant quelques instants une atmosphère un peu tendue. Il s'agit pour lui d'apurer la honte connue la veille, et notre jeune russe ne concède rien ! Un peu agacés par un simple jeu qui se transformerait vite en affaire d'Etat si l’on n’y prenait garde, les adultes se débinent en douce pour aller s'occuper du rangement des équipements, pendant que les gamins règlent leurs comptes à grands coups de pieds dans la baballe. Nous ne saurons jamais vraiment qui a remporté le match. Ah ! Ces Mômes, avec un grand "M" !

    L’EXPÉDITION

    Pour le déjeuner un bon repas froid a été offert par plusieurs des commerçants de Die. Nous organisons une expédition pour l'aller chercher. Les deux Ivan, Alexey et Ilya sont volontaires pour faire partie du commando, pas mécontents de bouger un peu. Die en été, notamment les samedis, devient le rendez-vous incontournable des vacanciers stationnant dans la région. C’est jour de marché. Comme dans beaucoup de villes qui pensent que gêner les automobilistes est le moyen de réduire la circulation, il est quasiment impossible de stationner à moins d’avoir une chance extraordinaire, ou quelque macaron tricolore ouvrant le droit à des prébendes ordinaires. Quand à circuler à pied, à moins d’avoir une âme de Kamikaze, autant avouer que c’est une épreuve capable d’effrayer le plus aguerri des baroudeurs.
    Il ne faut pas craindre la foule, ni les bousculades. Malheureusement, notre escouade doit se rendre en plein cœur de cette zone terrifiante.
    Parvenu à la boulangerie-Pâtisserie "Nougatine" notre détachement est accueilli avec beaucoup de chaleur par la famille Ligeon. Le patron a confectionné un superbe gâteau, un délicat "framboisier" décoré, s’il vous plaît, aux armes des Robinzon !
    Nous aurions aimé faire une photo souvenir de nos quatre jeunes musiciens avec cette sympathique famille Dioise. Mais la boutique ne désemplit pas, et seule Sophie, l’épouse du pâtissier, parviendra à se libérer quelques secondes de la masse affamée des clients pour poser avec eux devant le magasin.
    Nos enfants, toujours un peu séduits par les mille tentations qui s'offrent à eux, souhaitent faire quelques emplettes purement "alimentaires". Curieusement, ils choisissent tous les quatre des préparations salées qu’ils agrémentent de canettes diverses. Ils tiennent absolument à payer leurs achats, alors que Sophie et son fils aîné, Anthony, ne veulent rien entendre. Une âpre négociation menée de main de maître par les gamins, ne saisissant que quelques rares mots de Français, débouche enfin sur un compromis acceptable pour les deux parties. J’suis Sibérien et rien ne me résiste, non mais ! L'accompagnateur Français, produisant des traductions approximatives, a beaucoup de mal à cacher sa furieuse envie de rire.
    Nous quittons la pâtisserie "Nougatine" avec quelques regrets, puis faisons route vers la boutique du traiteur. Celui-là a imaginé un repas froid dont nous ignorons la composition.
    Les enfants gesticulent, bavardent, mangent et boivent tout en marchant, ce qui relève de l'exploit au milieu de la cohue grouillante de gens aux mouvements imprévisibles. Le plus compliqué sera de protéger le gâteau, afin de le livrer entier et en bon état au camping.

    UN REPAS SURPRISE

    Arrivés devant la boutique, une petite mauvaise surprise nous attendait : le magasin était lui aussi bondé ! L'intendant Français, s’armant de courage et ne craignant pas de se faire piétiner malgré sa petite taille, se faufile à l'intérieur pendant que le reste du commando Robinzon fait le pied de grue devant l’entrée. Ils attendront longtemps, sous le soleil matinal déjà bien assez cuisant !
    Les clients semblent s'être donné le mot : ce ne sont qu’hésitations, choix laborieux, achats multiples. Le temps semble passer très lentement. Le maître des lieux s'inquiète, interroge notre intendant en lançant ses questions par-dessus la tête des clients. Il veut tout savoir du déroulement du concert de la veille qu'il avait complètement oublié, malgré l'affiche ornant agréablement sa vitrine. Mais il semble également avoir oublié le repas promis !
    Enfin ! Enfin ! C'est à notre tour ! Les deux Ivan jouent un peu des coudes pour entrer dans la boutique s’emparer de leur repas composé à la dernière minute : un gigantesque taboulé accompagné de très appétissantes caillettes aux herbes.
    Soulagée, mais les bras bien chargés, notre joyeuse troupe reprend le chemin de la voiture… Oh ! Nous avons oublié le pain ! Les enfants poursuivent seuls leur marche vers le véhicule qui doit être déjà une gentille fournaise, pendant que notre intendant retourne au pas de charge à la boulangerie en maugréant un petit peu.

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    CUISSON MIJOTÉE

    Sophie, vraiment généreuse, offre les pains. Et notre français, craignant que les enfants ne retrouvent pas la voiture dans le dédale des ruelles inconnues, repart en courant.
    Mais ils ne sont pas dépourvus du sens de l’orientation, ces gosses. Les Robinzon sont bien arrivés. Pour tuer le temps ils lorgnaient sur les étals marchands à proximité. Pas le temps ! On n’a pas le temps ! Vite ! Il est l'heure du déjeuner et l’on nous attend au Couriou. En voiture ! Quel bonheur que d’entrer dans un four à roulettes ! Vive le soleil d’été.
    Nous arriverons avec un peu de retard. Jimmy, venu offrir aux enfants une activité assez surprenante pour l'après-midi, est déjà arrivé. Heureusement tout l’équipement a déjà été chargé dans les véhicules. Il ne reste donc qu'à nourrir notre petite troupe. Le repas se déroule sous les regards de jeunes admiratrices hollandaises, déçues de voir partir leurs vedettes sans avoir pu faire plus ample connaissance.
    Le "framboisier" rencontre un franc succès. La décoration "Robinzon" n'a pas empêché que la pâtisserie soit élégamment, mais fermement engloutie. Bien sûr, bien sûr… Il a fallu ajouter l’indispensable, l’incontournable melon à ce repas qui en était, quelle abomination, dépourvu !
    Après avoir adressé un dernier salut aux fans rôdant non loin de là, nous embarquons pour voguer en direction du Claps, autrement appelé le "saut de la Drôme", un vraiment spectaculaire site naturel né de la chute d'une montagne. Nous n’avons à parcourir qu’une petite pincée de kilomètres. Nous arrivons bien vite à l’aire de stationnement aménagée près d’un petit lac.

    CLAP ! CLAP ! CLAPS !

    Jimmy a apporté avec lui tout le matériel nécessaire à l’exercice de cette activité. Baudriers, longes, cordes et casques laissent un peu dubitatifs les enfants, qui ne savent pas exactement à quoi ils vont servir. Ceux-ci comprenant rapidement ce qui les attend s’habillent en conséquence, abandonnant les shorts pour des pantalons, les nu-pieds pour des baskets. Le nombre d’équipements étant limité, seuls parmi les adultes, Maksim et Sergey accompagneront Jimmy dans l’aventure à laquelle il convie les Robinzon.
    Pensant pouvoir louer des équipements complémentaires à la buvette, les accompagnateurs Français tentent de s’y fournir, mais en vain. Pour cela il faudrait se rendre à Luc-en-Diois, certes très proche, mais nous n'avons plus le temps. Fatalistes, les accompagnateurs un peu déçus se consolent en se disant que ce n'est pas grave, que ce ne sont pas les occasions qui manquent, que… Bref.
    Tout le monde dûment harnaché suit Jimmy jusqu’au pied de la falaise, où commence la "Via ferrata", ce parcours d’escalade qu'il a choisi de leur faire découvrir. C’est à nouveau un beau cadeau offert ces jeunes russes. Il a d’autant plus de valeur que Jimmy a laissé femme et fille sur leur bateau à Hyères pour passer la journée avec les Robinzon.

    LE JOUR DE L’ASCENSION

    Jimmy donne les dernières explications, attentivement écouté par les grimpeurs, puis par précaution encorde sérieusement tout le monde à sa suite. La petite colonne d’explorateurs de sommets commence à grimper, mais… Sergey, le plus âgé de toute la bande, ne se sentant pas très à l’aise demande à rester au sol. Il se déharnache rapidement, puis est remplacé in extremis par l’interprète, qui n'avait pas prévu de se retrouver dans cette situation. Ah ! ah !
    Alexey en second de cordée est en pleine forme. Il est particulièrement détendu, heureux de participer à cet exercice très physique. Ce gamin nous étonne continuellement, il est à l'aise partout, sur scène, avec des personnalités, devant des objectifs, sur des skis nautiques, suspendu au-dessus du vide. Il va une nouvelle fois faire la démonstration qu'il ne rechigne en rien à expérimenter des nouveautés. Il profite de toutes les occasions qui lui sont données pour exprimer sa joie de vivre.

    Les autres Robinzon sont également totalement emballés. Vanya fait le pitre à chaque occasion, Ivan s'applique, de larges sourires ravis qu'on lui voit rarement éclairent son visage. Maksim, plus trapu, souffle un peu. Il est très fort, mais sa carrure d’armoire normande est lourde à élever. Le jeune Ilya, que l'on pensait au début un peu inquiet, ne l'est en réalité pas du tout. Il est heureux et fier, lui aussi. En fait, avant-dernier de la cordée, placé juste devant l'interprète, Ilya s'est rendu compte que ce dernier rencontre plus de difficultés, peut-être est-il légèrement apeuré par le vide. Ilya se retourne souvent pour l'encourager afin qu'il ne freine pas l'avancée du groupe.

    Malgré les efforts empressés d’Ilya pour encourager son suiveur, la progression à flanc de falaise est plus lente que prévue. Jimmy, pour éviter la deuxième partie de la Via Ferrata aussi longue que la première mais un peu moins passionnante, choisit d’emprunter la voie d'évitement à mi-chemin. Le retour se fera tranquillement en redescendant par-derrière la grande barre rocheuse.

    SERGEY LE PHOTOGRAPHE

    Pendant ce temps Sergey un peu rasséréné a renoué avec sa passion pour la photographie. Tous les rochers du Claps, petits et grands, seront immortalisés dans les souvenirs par des magnifiques clichés dont il a le secret.
    Les alpinistes en herbe seront de retour aux véhicules bien avant leur Sergey protecteur. Ils en profiteront naturellement pour assaillir la buvette. L’escalade, ça donne soif ! Alors que le spectacle naturel du Claps aurait pu les inviter à une balade permettant de découvrir toute sa beauté, les mômes se sont laissé entraîner dans une nouvelle partie de l'insipide "Jungle speed". Au moins, assis sur une chaise à quatre pieds solidement posés au sol, le plus fervent amateur de cet ersatz de jeu ne risquait pas le vertige.

    PATRICE À LA PEINE

    Patrice s’était discrètement éclipsé depuis le départ du camping. Toujours pointilleux sur le bien-être de ses protégés, sans jamais ménager sa peine, remplissant l’un des rôles les plus ingrats mais les plus indispensables, il s'était rendu directement à la prochaine étape, chez "Ziol" et "Tibou".
    Ces deux-là sont des amis, "artistes et bikers" comme ils se définissent eux-mêmes, résidant au pied du Vercors à relativement peu de distance de Valence.
    Patrice, méticuleux, installait le campement et le matériel en attendant l'arrivée du groupe, qu'il imaginait un peu tardive. Il était rejoint sur place par Roland, l'Agent Artistique Français accompagné de sa fille Cécile. Ces deux-là avaient expédié leurs affaires courantes afin de retrouver les joyeux lurons dont ils avaient eu quelque peine à se séparer, à Bersac.
    Nos jeunes arrivèrent au nouveau campement en fin d'après midi. Ils en profitèrent pour découvrir les lieux, ainsi que leurs hôtes à l’extraordinaireté rassurante. Ils se mirent bien évidemment à jouer au ballon, y compris avec l’un des doux chiens de la maison, qui se prenant au jeu, n'hésitât pas à mâchouiller l’un des ballons jusqu’à en faire un bout de cuir baveux sans intérêt pour les enfants, mais tellement passionnant pour lui !

    AH ! QU’EST-CE QU’ON SE MARRE !

    Durant cette période de découverte et d'installation Patrice, Roland et nos hôtes préparaient le repas.
    La soirée se termina sur la terrasse où nous mangeâmes aux flambeaux. Nos enfants nous offrirent spontanément un nouveau concert privé, magnifique en ces lieux à l’atmosphère magique, prestation volontaire qui enchantât Marie-France "Tibou" et Alain "Ziol", qui découvraient avec émerveillement nos jeunes prodiges. Emporté par l’ambiance très familiale de la soirée, notre interprète s’enhardit jusqu’à exécuter une chanson traditionnelle du folklore Russe, sous les regards attentifs des Robinzon amusés.

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    Mais avant d’aller dormir, il fallait absolument faire le tour de la maison, pleine d’objets d’art, de choses étranges, de richesses peu coutumières, de bibelots étonnants. Coin et recoins furent visités avec application, sagement, par des yeux brillants de plaisir.
    Mais les meilleures choses ont une fin, les enfants. Dormir est aussi une bonne chose, n’est-ce pas ?

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  • Les Robinzon en France : le reportage (12)

    15 AOÛT 2010
    FÉRIÉ COMME IL SE DOIT

    Le 15 août reste, pour combien de temps ? L’un des jours fériés auxquels tiennent le plus les Français.
    Très occupés par la gestion du quotidien de nos protégés nous avions complètement oublié que le 15 août est remarquable par l’impression de mort subite que donne le pays. En plus il tombait un dimanche, qui traditionnellement n’est pas tellement favorable en termes de vie économique.

    EXPÉDITION HASARDEUSE

    Nous avions envisagé de cuire des grillades, mets prisés des enfants, mais nous n'avions pas approvisionné nos stocks, réactualisés au jour le jour dans le souci de disposer des produits alimentaires les plus frais possibles. Pas la moindre saucisse, brochette, la plus fine tranche de travers, ou côtelette. Pas un seul petit morceau de mouche ou de vermisseau, aurait dit Jean de La Fontaine qui en connaissait visiblement un rayon en matière de disette du campeur !
    Une équipe de volontaires composée de Roland, notre Agent Français et de Patrice, le Président de l'association va sillonner les routes pendant un temps qu'ils jugeront plutôt long. Inspectant tous les villages entre Chabeuil, Romans et Valence à la recherche de commerces ouverts.
    De temps en temps nous recevions un coup de téléphone aux accents désespérés : Rien ! Tout est fermé ! Mais on continue de chercher, si par hasard un marchand rebelle avait décidé que le dimanche 15 août n’était pas si important que ça.
    Les deux ravitailleurs finirent par tomber miraculeusement sur un marché ne célébrant pas la fête de la Vierge, et se fichant bien du repos dominical.
    Les deux procédèrent au ravitaillement complet, plutôt onéreux contrairement à ce que l’on affirme généralement de ce genre de marché, mais sans trouver de quoi bricoler des grillades. Ils ont bien essayé d’acheter des côtes de porc, mais pensez ! Il n’y avait pas la moindre trace de cet animal sur le marché, pour cause. Enfin c’est les bras chargés de comestibles divers qu’ils revinrent chez nos amis "Ziol" et "Tibou".
    Pendant ce temps nos jeunes sibériens profitaient complètement de cette journée consacrée exclusivement au repos un peu forcé, pas nécessairement exactement en accord avec leur jeunesse impétueuse réclamant toujours de quoi dépenser une énergie semblant inépuisable.

    Bien vite les enfants explorèrent les alentours en venant de temps à autre picorer leur déjeuner, repartant comme des oiseaux avec quelques bouchées quitte à refaire une incursion éclair quelques minutes plus tard.
    Certains sacrifiaient aux habituels jeux de baballe. Les jeunes jouaient beaucoup avec les chiens de la maisonnée, amateurs infatigables de balle au nez.
    D’autres mettaient à profit cette soudaine oisiveté pour se pomponner, profitant de soins capillaires aimablement dispensés.

    DISPARITION

    Au beau milieu de cette agitation générale, l’un des accompagnateurs français courait après des enfants à la stabilité éphémère, afin de tenter de collecter le linge sale pour procéder à une série de lavages en machine indispensable mais toujours bienvenue.

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    Sergey ? L’homme avait soudain disparu… Il avait été vu s'éloignant à pieds et cheveux au vent, son appareil photo greffé sur le ventre. Nous sommes certains désormais qu'il s'agit là d'un organe absolument indispensable à son bonheur. Il faut bien reconnaître qu’il a un talent véritable de photographe paysagiste, d’ailleurs.
    Enfin de retour "le corps expéditionnaire alimentaire" se transformait immédiatement en équipe de cuisine avec l'aide appréciable d'Alain et Marie-France.
    Assez tardivement pour l‘estomac de certains membres de l’équipe française, toute la joyeuse bande se mettait enfin à table en ordre dispersé… Toute ? Que non ! Pas de Sergey ! Sergey disparu !
    Après une attente courtoise que certains enfants jugèrent un tout petit peu longue, nous nous décidâmes à servir une salade de crudités au sort vite réglé, suivie de poulets rôtis accompagnés de leur garniture de pommes de terre rissolées, assaisonnés d'une sauce aux poivrons et aux oignons qui manquait quand même un peu du dynamisme du piment.
    Nous ne parlerons certainement pas des melons, rois de la fête comme toujours. Fromage et poires terminaient ce repas tranquille, bien vite suivi d'une vive débandade des galapiats en direction de la nature environnante… Balle au pied et chiens aux trousses !

    Inquiets, sans oser l'avouer, nous avions réservé le repas de Sergey tout en consultant compulsivement nos montres. Roland (celui-ci est plutôt attentif aux détails concernant la sécurité de chacun) décida d’aller en exploration sur les chemins environnants, craignant qu’il soit arrivé une mauvaise aventure à Sergey. Lui et Patrice partirent en reconnaissance un peu avant 15 heures, bien décidés à alerter le monde entier s’ils ne pouvaient ramener notre ami. En chemin ils rencontrèrent un adepte du VTT qui les rassura : leur Russe à lunettes, muni d’un appareil photo, était à quelques centaines de mètres sur le chemin.
    Notre photographe nous revenait à peu près entier vers 15 h 30, cheveux toujours en bataille, couvert de sueur. Le marathonien avait tout simplement décidé d’escalader la haute barre rocheuse surplombant le village, à la limite du Vercors. Une petite promenade de plus de 12 kilomètres, consacrée à photographier paysages, fleurs, rochers… Sans nous prévenir de l’absence qu’elle allait impliquer.

    AINSI VA LA VIE

    Le reste de l’après-midi fut vraiment détendu, chacun vaquant à des activités plus ou moins personnelles. Bien que souvent l'impression soit donnée que les quatre plus jeunes des Robinzon ne forment qu'une seule entité parfaitement cohérente.

    Sergey, incorrigible, accompagné de Maksim et de l'interprète, repartait faire des photographies dans les environs, nouant contact avec une famille hollandaise installée à proximité, qui leur offrit même quelques belles pommes rouges.
    Les garçons reprirent avec application leur exploration de la maison de nos hôtes, notamment les pièces de l'étage presque aussi riches de merveilles étranges que le rez-de-chaussée.
    Ils jouèrent beaucoup avec les chiens, mais s’amusèrent également avec l'ordinateur de Maksim. Alexey s’entraînait à faire des photos avec l'appareil de Roland. Tous s’amusaient à des courses poursuites et chahutaient comme des enfants heureux.
    Bref, ce fut une journée tranquille et joyeuse, avec ses moments de bousculades et ses instants calmes.

    COMME À LA MAISON

    Vers la fin de l'après-midi, alors que notre agent artistique français, Maître-cuisinier, (même presque double mètre, vu ses 1,90 m) s'affairait pour préparer le repas du soir, secondé par Marie-France et Patrice en marmitons attentifs, Alain allait comme chaque jour faire tourner un peu le moteur de sa "Harley".

    Alertés par le son caractéristique du moteur, tous les Sibériens se précipitèrent dans le garage pour y admirer la bête, et bien sûr poser juchés dessus, pour la postérité.
    Les ombres du soir naissant virent notre petite communauté se regrouper amicalement autour d'un apéritif, bientôt suivi d'un repas "aux petits oignons".
    Repas comme il se doit dans la tradition Russe, régulièrement interrompu par des toasts portés par les différents convives sur les sujets les plus divers, très sérieusement honorés par tout le monde y compris -et surtout- par les plus jeunes.
    La soirée se terminait un peu comme se terminent les agapes d’une grande famille dans laquelle l'on est heureux de se retrouver une fois l'été venu.
    Chacun passait de la musique issue de désuets 33 tours joués sur un électrophone antédiluvien au classement des photos du jour dans les ordinateurs.

    MAGAZINE PLIZ !

    Certains des enfants harcelaient un petit peu les Français afin de savoir si le lendemain, jour prévu pour descendre dans le sud, ils pourraient faire les boutiques à Marseille. Ils tenaient absolument à savoir quand cet indispensable sacrifice au Dieu occidental de la consommation serait possible pour de bon. Alain faisait découvrir un long solo de batterie de "Bonzo" (Led Zeppelin) au jeune Ilya.
    Cette soirée révéla le vrai bonheur d'être ensemble, Sibériens heureux et détendus et Français véritablement aux anges.
    Mais le temps, redoutable et incoercible, passait vite. Les bâillements répétés des plus âgés annonçaient de façon impérieuse l'heure de l’indispensable rendez-vous avec Morphée. Ce qui devait arriver arriva, et bientôt un silence à peine troublé par quelques piaillements d’oiseaux nocturnes tombait sur le campement endormi.

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  • Les Robinzon en France : le reportage (13)

    16 AOÛT 2010
    AU REVOIR LES BIKERS !

    Après les affres d’un 15 août si généreusement respecté, l’essentiel de la journée sera consacré au démontage de notre campement, nettoyage des lieux et bien sûr, nous commençons à en avoir l’habitude, à couvrir les kilomètres de route surchauffée nous séparant de notre prochaine villégiature.
    Alain "Ziol" et Marie-France "Tibou", bien que s’étant couchés aussi tardivement que la joyeuse équipe, partirent courageusement à l’aube rejoindre leurs lieux de labeur, sans aucun bruit.
    Nos "bikers", qui n’étaient encore que de parfaits inconnus quelques jours auparavant, n’hésitèrent pas à nous confier les clefs de leur étonnante demeure. Sans ambages la complicité implicite avec nos enfants était une fois de plus démontrée.
    Désormais, à chaque occasion, les deux artistes du Vercors nous réclament des nouvelles des "petits". Ils souhaitent accueillir à nouveau le groupe l’an prochain, et gardent le contact avec la Sibérie.

    SONNEZ LES MATINES

    Dans un coin de la cour, le jeune Ilya joue déjà avec le brave chien qui la veille a réduit le beau ballon de cuir à l’état d’épave. Sergey ne peut évidemment pas manquer de céder à son irrésistible envie d’aller photographier les petits oiseaux au saut du nid, pendant que les français s’affairent à préparer le petit-déjeuner de la marmaille sous l’œil intéressé d’un Alexey ébouriffé encore dans les dernières brumes du sommeil. Les deux enfants sont les premiers Robinzon debout. Ils attendent patiemment, en tuant le temps comme seuls peuvent le faire les enfants, que l’eau du thé soit à la bonne température.

    Les autres gamins les rejoindront au gré de leur fantaisie, aucune contrainte horaire n’étant imposée. Personne finalement n’en profitera pour s’offrir une vraie grasse matinée. Tout le monde se mettra rapidement, une fois les accus rechargés à la table du petit-déjeuner, à plier les tentes et à charger les véhicules, afin de profiter sans regret des quelques heures restant à passer chez "Ziol" et "Tibou".

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    LA ROUTE, LA ROUTE !

    Vers midi nous respecterons scrupuleusement le rite alimentaire français (melon…), puis après avoir fait disparaître toute trace de notre passage, nous nous apprêterons à prendre la route, direction la Provence !
    Vers midi, Bernard, un ami de nos chers "bikers" qui a passé la veillée précédente avec nous, est venu spécialement récupérer les clés de la maison. Ainsi tranquillisé notre convoi pouvait prendre la route.
    Nullement pressé par le temps, notre convoi évitait l'autoroute, comme d'habitude, et se hâtait lentement vers le sud. Un peu avant Orange, l'aire d'autoroute de Mornas accessible depuis la route nationale permit à la joyeuse équipe de se rafraîchir, et même le cas échéant de soulager quelques mornes envies murissant doucement au gré des kilomètres. Il faisait très chaud. Nous qui imaginions que des sibériens confrontés au fort soleil du sud allaient fondre littéralement, fûmes stupéfaits de constater qu'Alexey avait attendu cette halte pour oser, enfin, quitter son pull pour enfiler un T-Shirt.

    EN RETARD SUR L’HORAIRE

    Nous étions attendus à Cadenet vers 16 h 30 - 17 h chez Alain et Isabelle, des amis qui avaient préparé un goûter à base de...melons! Et s'étaient également chargés de l'intendance pour le repas du soir. Nous devions également nous présenter dans la foulée au Village de Vacances de La Roque d'Anthéron avant 18 heures, heure de fermeture du bureau d'accueil.
    Compte tenu du temps perdu à traverser les localités surchargées de touristes peu pressés, il nous apparut rapidement qu’il était impossible de respecter ces horaires.
    Tant pis pour le goûter. Il faut parfois savoir renoncer à des choses agréables pour respecter les engagements pris. Nous sommes allés directement à La Roque d'Anthéron, où nous arrivâmes avec une bonne demi-heure de retard, après toutefois avoir prévenu téléphoniquement la personne de permanence, qui nous accueillit néanmoins avec chaleur et une bonne humeur incassable.
    La prise de possession des deux chalets qui nous étaient attribués étaient rondement menée et le déchargement des hommes et du matériel suivait au même rythme.

    OÙ DORT-ON ?

    Après une rapide répartition : Robinzon dans un chalet, accompagnateurs dans l'autre. Une délégation était rapidement constituée par Sergey, Roland, Alexey, et Ivan pour aller chercher la nourriture qui nous attendait à Cadenet. Alain, Isabelle et Edmée, notre chère Mamy Nova, ne nous tinrent aucune rigueur de notre retard ni de ne présenter qu’une délégation réduite, et nous reçurent avec beaucoup d'amitié et de bienveillance.
    Alexey et Ivan sont amoureux des animaux. Ils sont aussi de farouches défenseurs de la nature, comme tous les Robinzon d’ailleurs. Les deux garçons repéraient immédiatement les chiens de la maison et, bien évidemment, commençaient à jouer avec eux. Au moment de charger les réserves faites par Isabelle, il fallait voir les regards brillants et les clairs sourires des deux garçons, presque extasiés devant les cagettes pleines de melons mûrs et odorants. Assurément, personne n'allait mourir de faim, mais plutôt défaillir de plaisir !

    Les adieux se prolongèrent un bon moment au bord de la route, mais il fallait rejoindre le village de vacances, certes peu éloigné, mais où l'on devait nous attendre avec quelque impatience. Isabelle promettait de nous rendre une petite visite le lendemain matin!

    DODO L’ENFANT DO

    Le repas du soir fut composé essentiellement de melons et de charcuterie corse. L’ambiance sereine du village réjouissait notre petite équipe. Une veillée tranquille égayée par le chant insistant des cigales terminait chaleureusement la soirée dans la douce nuit provençale.

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  • Les Robinzon en France : le reportage (14)

    17 AOÛT 2010
    L’ATTRAIT DU VEAU D’OR

    Normalement consacrée à une découverte d'un des hauts lieux de la Provence, à choisir entre les calanques de Marseille, les gorges du Verdon, ou encore la Camargue, cette journée allait tourner au braconnage frénétique des magasins. Pour un voyage essentiellement culturel, la chose était assez remarquable !
    Depuis leur arrivée en France, les garçons nous interrogeaient régulièrement sur les endroits où ils pourraient enfin investir des magasins. Soucieux de leur faire plaisir, nous avions cependant trouvé convenable de reporter cette corvée au plus tard possible. Nous avions lancé le nom de Marseille pour calmer les ardeurs, espérant que d’ici là leur frénésie serait tombée.
    Mise à part une incursion dans un Centre commercial le 12 août, nous avions jusque-là échappé à la fièvre acheteuse, en répondant invariablement "bientôt" quand les gamins nous demandaient "magazzzinee Marseille ?" avec leur bel accent et un peu d’insistance.
    Mais nous y étions et chose promise étant due, il fallut bien répondre aux attentes impatientes et tenir nos promesses !
    Il fut donc planifié de faire route en milieu de matinée pour aller arpenter les parkings et allées de la trop célèbre zone commerciale de Marseille : Barnéoud-Plan de Campagne.

    PLAN DE CAMPAGNE

    Il fut inutile de bousculer notre petite troupe pour qu’elle se dépêche ce matin-là ! Très vite tout le monde fut lavé et pomponné, "sur le pied de guerre" de bonne heure. Le petit-déjeuner fut pour une fois un vrai moment collectif, agrémenté d'une petite touche d'excitation. De cette fébrilité incoercible que connaissent seulement les forcenés des soldes à la veille de leur ouverture.
    Isabelle, notre amie de Cadenet était venue faire la connaissance de ceux des enfants qu'elle n'avait pas pu rencontrer la veille. Elle observait ce remue-ménage avec un petit sourire qui en disait long sur la compassion qu'elle éprouvait à l'avance pour les pauvres accompagnateurs. Elle non plus n'est pas vraiment une mordue du "shopping". Quant à Roland, il avait annoncé assez clairement son désintérêt pour les rites sacrificiels dans les temples de la consommation. Il avait décidé, après s’être assuré que les accompagnateurs seraient assez nombreux, de faire une petite randonnée souvenir dans le Var où il vécut naguère.

    Chacun vérifiait son portefeuille généreusement garni par les parents, qui avaient consenti de gros efforts pour permettre à leurs bambins l'achat de vêtements. Certains articles vestimentaires sont souvent inaccessibles aux classes moyennes, tant les prix en sont prohibitifs à Ichim. Il fallait aussi faire des emplettes pour parents, frères, sœurs, voire pour les meilleurs amis.

    ON POURRA PEUT-ETRE…

    En partant tôt, nous espérions pieusement que nous pourrions consacrer une partie de l'après-midi à autre chose, peut-être visiter quelques quartiers de Marseille. Nous verrons plus loin qu'il ne s'agissait effectivement que d'un vœu.
    La zone commerciale de Plan de campagne est très vaste. Connaissant les lieux nous avions décidé à l'avance d'un point stratégique d'où nous pensions rayonner, à peu près à égale distance des occasions de se ruiner. Seuls les étals de vêtements intéressaient les Robinzon, ceux de sports en particulier. Les prix pharaoniques pratiqués dans les boutiques de téléphonie découragèrent assez rapidement les enfants. Les offres de jeux électroniques n’attirèrent leur attention que quelques minutes, au grand étonnement des Français. Seul Alexey disposait d’un petit budget pour acquérir un téléphone et Sergey, bien sûr, était intéressé par les appareils photos. La visite d’un magasin d'instruments de musique, seule entorse à la folie vestimentaire, sera un moment d'accalmie bienvenu pour les petits et les grands.
    Les premiers instants de l’opération "Plan de Campagne" voyaient le groupe au complet déambuler dans les allées marchandes assez tranquillement, s'arrêtant dans les boutiques, examinant les prix d’un œil critique.
    Mais assez rapidement l'impérieuse nécessité de trouver des échoppes à vêtements offrant des prix raisonnables nous poussait vers l’une de ces affriolantes surfaces à prix d’appel et qualité allant de paire.

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    L’IMPORTANCE

    Nous fûmes étonnés de la rigueur, du sérieux et la maturité de ces gamins lâchés dans ce genre de Temple de la tentation : très regardants sur les prix, attentifs à la qualité, essayant tout ce qui les intéressait, comparant inlassablement, se consultant les uns les autres, demandant régulièrement l’avis des adultes.
    Ces achats revêtaient pour nos enfants une importance que nous n'avions pas su saisir, un investissement important… C'est en comprenant cela que nous nous sommes rendu compte que la journée risquait d'être très longue !
    Alexey se montra très économe, ne se permettant pas d’écart compulsif, regardant beaucoup, soupirant, puis abandonnant l’objet de son intérêt avec quelquefois de visibles regrets. D'autres étaient moins attentifs à l’embonpoint de leur portefeuille, encore dans les brumes bleues de l’enfance insouciante. Ilya se situait raisonnablement à mi chemin, quêtant sans cesse l'approbation des adultes par crainte de procéder à un mauvais choix.
    Sergey et Maksim s'occupaient à la fois de leurs propres achats très raisonnables, et de renseigner et conseiller les enfants confrontés à la barrière de la langue.

    À cause d’elle ils avaient délégué une grande partie de la charge du renseignement utile aux accompagnateurs français, plutôt soucieux de ne pas voir leurs protégés dépouillés de leurs économies par d’affreux marchands du Temple flairant les proies faciles. Assez naturellement tout achat d’effet vestimentaire pouvant être utilisé comme tenue de scène devait recevoir l'aval de Sergey, chacun se soumettait à cette petite obligation de bonne grâce.

    SÉRIEUX ACHETEURS

    Un magasin d'usine d'une marque sportive connue avait attiré l'œil de quelques-uns des jeunes gens. Ne trouvant pas leur bonheur dans la première grande surface, ils réquisitionnaient un adulte et s'y précipitaient après avoir prévenu le reste de la bande. C'est ainsi que la journée se déroula très lentement pour les accompagnants français, plutôt allergiques à ce genre d'activité mais ayant, enfin, compris l'importance que revêtait cette journée pour les enfants, ainsi que les espoirs lointains des familles sibériennes palpitants dans le secret des cœurs de ces jeunes garçons.
    Une sorte d'accordéon humain ondulant regroupait d'un magasin discount à une surface bon marché, d'un magasin d'usine à la succursale d'une chaîne à prix cassés. Examen des produits, des prix, retour au magasin précédent, et ainsi de suite, le tout dans une atmosphère bien plus sérieuse que fébrile, contre toute attente.
    Vers 14 heures 30, il fallut âprement négocier pour obtenir que l’on fasse une pose déjeuner. Il ne fallait pas perdre une minute, même pour se restaurer ! Mais les estomacs suppliants l'emportèrent d’une courte tête.

    TEMPLE DE LA MALBOUFFE

    Désespoir ! Pour le repas offert par un des accompagnateurs, les enfants optaient unanimement pour aller "manger" à l’antre du mauvais goût, de la rentabilité à tout prix, symbole d'un capitalisme honni par l'ensemble des accompagnateurs. Ils allaient user leur santé chez l'odieux clown jaune qui attire les enfants.
    Le généreux "invitant" et l'interprète, à la culture bien plus américaine que Russe, accompagnaient ces malheureux petits dans ce lieu inhospitalier, symbole de la décadence en cours de la civilisation.
    Sergey, Maksim et Misha préféraient un restaurant plus classique, après avoir éprouvé quelques difficultés à en trouver un qui n'ait pas encore fermé sa cuisine.
    Certes, il ne s'agissait pas d'un parangon de la cuisine française, mais rien de comparable avec l'odieux fastfood qui ose se baptiser "restaurant".
    Seuls dans la salle, nous prîmes le temps d’un vrai repas, nous appliquant à faire goûter à nos hôtes russes un carpaccio de bœuf. Ce fût une grande découverte pour des personnes qui ne consomment la viande que très cuite. Si Sergey ne sembla pas apprécier outre mesure, Maksim et surtout Misha donnèrent l'impression d'apprécier beaucoup.

    Pendant ce temps la tournée des achats avait repris de plus belle. Le mot "fast" n'est pas anodin dans la restauration rapide : vite servi, vite nourri, vite délesté de son argent et rapidement faim à nouveau !
    Mais cela faisait l'affaire des Robinzon. Les adultes les rejoignirent dans une autre partie de la zone commerciale, où les enfants découvrirent plus d'un article qui fit leur bonheur.

    ALLÔ ?

    Alexey désespérait de trouver le téléphone de ses rêves. Pour qui connaît le bonhomme, il en désirait un depuis des mois mais ne trouvait pas à Ichim le modèle correspondant à ses envies, compatible avec ses moyens financiers.
    Il avait soigneusement préparé une enveloppe contenant la somme devant être consacrée à cet achat. Une partie du contenu avait vraisemblablement été abondé par une maman désireuse de faire plaisir à son adorable bout de chou. Mais le garnement n'arrivait pas à se résoudre à dépenser inconsidérément cette somme. Il réquisitionna un adulte qui dut l’accompagner dans tous les endroits où il pourrait trouver exactement ce qu'il voulait.
    Après de nombreux déballages et essais dans une célèbre enseigne d’appareils d'électroménager, il semblait enfin avoir trouvé l'Objet de ses rêves, mais en lisant la notice on apprenait que l'appareil ne supportait pas la langue Russe. Retour à la case départ. Un éclair de lucidité à coup sûr provoqué par des muscles de mollets tétanisés et des pieds endoloris, traversa l’esprit français qui décida d'aller tout bonnement dans la grande surface alimentaire du coin, au rayon téléphonie.
    Ah ! Celui-ci n'a pas d'écran tactile mais il plaît bien à l’enfant ! En plus, son prix est assez acceptable. Madame s’il vous plaît ? Pourrions-nous l'essayer ?
    "Impossible, il n'est pas chargé". Mais devant la bouille quémandeuse du petit russe, il fut enfin possible de le brancher. "Soupère !" Il acceptait de parler Russe, ce téléphone-là !
    Restait à négocier : c’était le dernier du lot, un appareil d'exposition. Le prix en fût finalement ramené à un niveau intéressant qui réjouit notre petit économe.
    Durant tout le reste du voyage, Alexey ne se séparera plus de son téléphone. L’on sait qu'il en est satisfait puisqu'il lui sert beaucoup à communiquer par "chat" avec ses amis français !

    OUF ! ENFIN !

    Toute l'équipe avait désormais trouvé "chaussure à son pied", du moins l'avons nous cru en cette fin d'après-midi. L'avenir nous donnera tort. Quoi qu’il en fût, il était temps de rentrer au camp de base.
    Revenu plus tôt au village vacances, Roland s'affairait à préparer un repas très joliment présenté.
    Nous n'avions plus qu'à mettre les pieds sous la table, mais certainement pas avant que chacun ait déballé ses affaires, les ait étalés sur son lit et les ait réessayés plusieurs fois en se pavanant devant ses copains.
    Bref ce fut une journée particulièrement épuisante. Inhabituelle pour des Français allergiques aux magasins mais ô combien importante pour nos jeunes artistes. Et puis le plaisir simple que l'on voyait briller au fond des yeux, payait largement des efforts consentis.

    Après tout, depuis leur arrivée, ces gosses donnaient énormément de gentillesse et d’attentions à ceux qui étaient chargés de s'occuper d'eux, ce n'était qu'un juste retour des choses.
    Le repas était joyeux et animé. La soirée le fut tout autant, mais les kilomètres d'allées bourrées d’adorateur du Veau d’Or, la sauce sonore inepte déversée en permanence par des hauts parleurs arrogants, la promiscuité des chalands, tout cela finissait par peser sur le capital énergétique des enfants. Notre petit monde prit assez rapidement le chemin des lits.

    Seul Sergey, qui se sentait encore assez en forme pour poursuivre la nuit avec bon pied, bon œil, choisit d’aller assister à un concert de piano au festival organisé dans le bourg voisin. Sergey est un excellent pianiste, un musicien de formation classique poussée. Nous apprîmes de lendemain qu’il conçut une grosse déception après avoir entendu des choses indignes d’un musicien professionnel. Mais… C’est tout pour aujourd’hui !

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  • Les Robinzon en France : le reportage (15)

    18 AOÛT 2010
    À L’EAU, ENCORE !

    Cette journée que nos garçons attendent avec impatience est illuminée par un magnifique soleil.
    Depuis plusieurs jours les enfants savent qu'ils vont bénéficier d’une initiation à la plongée sous-marine. La plupart ont déjà utilisé des palmes et porté des masques, savent utiliser un tuba, mais une légère appréhension liée à une grande impatience les anime lorsqu'ils apparaissent aux portes de leurs chambres. Ce matin ils ne sont pas ensommeillés car la nuit a été longue et reposante. Mais il est vrai que les cavalcades de la veille à Marseille ont été plus fatigantes qu'on ne l'aurait imaginé.
    Nous les incitons à absorber un petit-déjeuner très complet, bien nourrissant car nous ne savons guère quand le repas de midi pourra être pris ! Nos jeunes artistes se plient bien volontiers à cette recommandation, ils ont vu qu’ils pouvaient nous faire confiance pour tout ce qui concerne la vie quotidienne. C'est dans la bonne humeur que ce premier repas de la journée est partagé sur la terrasse ensoleillée de nos chalets.
    Nous avons prévu de partir un peu avant midi pour être ponctuels à notre rendez-vous de 13 h 30 à La Ciotat. Il n'y a qu'une petite centaine de kilomètres à parcourir, en cette période estivale nous préférons prévenir les éventuels encombrements.
    En attendant les enfants s'occupent de leurs affaires, rangent, nettoient, prennent des douches puis jouent, naturellement, comme tous les enfants du monde libre.

    AU PAYS DES CIGALES

    Certains profitent du répit avant le départ pour discuter avec l'équipe française. La barrière de la langue s’est atténuée et, quoiqu’assez peu de progrès aient été effectués dans l’exercice difficile de nos langues respectives, nous arrivons à communiquer sans problème comme le font de vieux amis, ou des parents proches.
    Les mots revêtent assez peu d'importance lorsque l'on se comprend d'un simple regard. Les sourires et les petits gestes amicaux remplacent bien des discours. C’est également le cas avec Sergey et Maksim. Nos rapports sont devenus fraternels au cours des jours.
    C'est dans ces appréciables instants de tranquillité que l'on se rend compte qu'il n'y a plus d'équipe française organisatrice, recevant un groupe musical russe, mais seulement des Robinzon tant nous avons l'impression d'avoir été cooptés par le groupe.
    Mais il est temps de partir. Nous sommes à l'aise dans les véhicules et assez rapidement, si quelques-uns s’amusent à provoquer gentiment les occupants des autres véhicules de notre convoi, se photographient mutuellement et taquinent amicalement leurs amis russes ou français, d'autres s'endorment bercés par le ronronnement des moteurs.
    La montagne Sainte Victoire et le souvenir de Cézanne éveillent l'intérêt de Sergey, comme le Garlaban et le souvenir de Pagnol en intéressera plus d'un. La soif de culture générale avancée par ces gamins du bout du monde nous étonnera beaucoup par moments. Le massif de la Sainte Baume suscitera toutefois moins d'intérêt, malgré la beauté grandiose du paysage.

    HALTE

    À l'approche de La Ciotat, nous décidons de nous arrêter sur l'aire d'autoroute surplombant la baie. Le panorama est suffisamment évocateur de la Méditerranée pour que les enfants multiplient les photos et les exclamations admiratives. Bien entendu Sergey, aux anges, mitraille tout ce qui bouge… Ou ne bouge pas.

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    La descente vers La Ciotat est rapide. Malgré quelques difficultés pour trouver où se situe notre club de plongée, nous arrivons à l'heure. En France, La Ciotat est une ville qui a essentiellement défrayé la chronique lors de la fermeture de ses chantiers navals en 1980. Mais si après avoir été un port essentiellement industriel elle est devenue une station balnéaire, c’est également un haut lieu du septième art puisque le tout premier film de cinéma fut tourné dans sa gare. Les frères Lumière, tourneront plusieurs films dans leur villa ciotadenne. C'est dans le golfe de La Ciotat qu'ils réaliseront également les premières photographies en couleurs. Et nos jeunes russes seront surpris d'apprendre que la salle "Eden" photographiée par Sergey en face du GPES, est le plus ancien cinéma du monde existant.

    PARÉS À LA MANŒUVRE

    Les formalités indispensables pour ce type d'activité très réglementée sont remplies par un cadre français pendant que les autres attendent que les jeunes plongeurs s'équipent. Notre cher Ilya encaisse un petit coup de "blues", dû aux effets conjugués du dépaysement et d’un peu de nostalgie de sa Sibérie natale, bien compréhensible chez un enfant de 11 ans. Sergey réconforte son jeune batteur, c’est un vrai papa pour ses protégés, admirablement attentif. Quelques instants plus tard Ilya est regonflé, c'est reparti pour un tour !
    Après avoir touché un chariot pour transporter les lourdes bouteilles de plongée, nous voici partis en direction du bateau où commence déjà à converger une trentaine de personnes. En compagnie de nos enfants le bateau emmène avec lui d'autres candidats au baptême, des plongeurs en formation ainsi que des plongeurs chevronnés.

    Installés sur le bateau, nos Robinzon se sont emparés de la poupe, bouteilles d'oxygène dûment arrimées. Nous avons la mauvaise surprise d’entendre l'interprète nous annoncer son désir de ne pas effectuer la plongée. Il est un peu tard cependant pour se désengager, parce que les baptêmes sont payés, parce qu’il est inscrit au rôle, et qu’en conséquence il doit donc réunir assez de courage pour affronter cette petite épreuve qu'il semble redouter.

    QUI OSE… OSE !

    Avant de larguer les amarres le capitaine procède à l'appel pour contrôler le livre de bord, les moniteurs se présentent à leurs élèves respectifs, et un enseignant regroupe les candidats au baptême pour leur donner les instructions indispensables.
    Lorsqu'il demande si quelqu'un ne sait pas " bien" nager, notre petit Alexey tout sourire lève la main. Casse-cou, ce jeune blondinet qui n'a peur de rien, n'a aucun complexe. Il assume sans fard sa prétendue méconnaissance de la natation. Les sourires complices des participants soutiennent ce petit bonhomme qui saura remercier, soyez-en sûrs, les encouragements qui lui sont prodigués.
    Les responsables du GPES (Groupement de Pêche et d'Études Sous-marines - en fait le plus ancien club de plongée de France, 1941, c’est aussi l’un des plus prestigieux) ont demandé au français qui s'est chargé des formalités d'être présent sur le bateau pour représenter le groupe russe. C'est bien volontiers qu'il embarque muni de l’incontournable appareil photo. Las ! Il est immédiatement sollicité par ses jeunes protégés pour vérifier la position des masques, expliquer comment doit se porter la combinaison, prendre des photos d'une équipe sibérienne déguisée en explorateurs des mers.

    ÇA COINCE UN PEU AUX ENTOURNURES !

    Il devra également aider Ilya à rentrer dans une combinaison bien trop petite pour lui. Au bout d'un moment les poignets de notre batteur sont si serrés que le sang a du mal à irriguer les mains. Une animatrice du GPES lui propose de retirer cette combinaison trop étroite pour lui en prêter une autre, plus tard, échangée avec celle d’un plongeur ayant terminé son périple subaquatique.
    Naturellement pleins d’humour joyeux, les garçons se livreront à mille facéties, heureux de se retrouver dans un monde totalement inconnu d’eux.

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    Aucune difficulté particulière ne surgit durant les plongées. Un masque un peu grand laisse passer un peu l'eau, l'embout du détendeur est parfois un peu difficile à apprivoiser. Rien de bien méchant. Tous se régalent durant cette promenade dans des eaux claires. Maksim bénéficie de la gentillesse d'un moniteur qui fait un peu durer le plaisir. Vanya retourne à l'eau, laquelle semble être son élément naturel, nage un peu, avec toutefois interdiction de s'immerger complètement pour éviter les problèmes dus à l'azote après une plongée en bouteille.

    HEUREUX ET SATISFAITS

    Sergey, Alexey et Ilya remontent sur le bateau avec un grand sourire ineffaçable. Ivan a un petit problème, bénin mais assez fréquent en plongée : un saignement de nez apparaît au sortir de l'eau. Ceci est dû à la rupture de l’un de ces fragiles vaisseaux sanguins de la muqueuse nasale. Les quelques gouttes de sang mélangées à l'eau ruisselant sur son minois de jeune adolescent à la peau claire rendent son visage impressionnant. L’inquiétude de ses frères Robinzon est vite levée par son propre désintérêt pour la chose. Seul le plaisir pris sous l'eau compte.

    Il est temps de quitter les combinaisons humides pour enfiler des vêtements secs. D'autres plongeurs sont encore à l'eau, les Robinzon ne voient pas le temps passer pour autant : ils échangent leurs impressions et se livrent à des pitreries devant l'objectif de leur petit caméscope. Les animateurs du GPES sont enchantés d'avoir fait la connaissance de ces jeunes. Encore une fois, leur politesse, leur attention, le respect déférent envers les moniteurs, la gentillesse qu'ils affichent entre eux ont conquis. Ici personne ne les a encore entendus chanter, la plupart ne savent même pas qu'ils sont musiciens. Ce ne sont pour le moment que de jeunes russes anonymes, qui ont tout de même tapé dans l'œil de méridionaux pourtant habitués à recevoir des candidats du monde entier.

    ALORS JE CHANTE

    Mais cet anonymat n'a qu'un temps. Après le traditionnel goûter d'après plongée offert par le Club, un bruit court : le tout petit blondinet souriant va chanter ! Le Capitaine arrête le moteur. Tous les intérêts se portent à la poupe, où Alexey se concentre depuis quelques minutes. A capela, avec le bruit du vent, des goélands et de la mer, il offre un prenant "Santa Lucia", dans le silence admiratif de l’assistance. Fatigué, le dos tourné au "Bec de l'aigle", ce conglomérat rocheux qui est l'un des attraits de La Ciotat, il reçoit avec son sourire radieux les applaudissements d'un nouveau public.

    De retour à terre, après avoir restitué les équipements, les estomacs de tout ce petit monde crient famine. L’on décide d'attendre encore un peu : on s'arrêtera sur la première aire d'autoroute afin d'éviter le désagrément d’un repas pris à même le tarmac du port ciotaden. Au lieu dit, dans un cadre champêtre préservé, chacun se régale d'un repas froid composé de charcuterie et de fruits, dont l'incontournable melon. Naturellement nul ne se fait prier pour aller visiter les rayons du glacier installé là.

    PRIVILÈGE DE GOSSE

    Le retour se fait tranquillement avec des dormeurs littéralement affalés sur les fauteuils de nos véhicules. Arrivés au Village Vacances, notre petite troupe est à nouveau d'attaque.
    Ce soir, nous dinons "à la Russe". Les enfants ont décidé de nous honorer en nous préparant un repas comme ils en ont l’habitude, là-bas, si loin, chez eux en Sibérie. Pendant presque deux heures ils s’emparent de deux cuisines, faisant bien comprendre que les français et les adultes en général doivent aller s’assoir pour se reposer, que ce sont eux les chefs. Seule concession à ce désir, Alexey accepte cependant d’apprendre la bonne méthode "du Chef" pour émincer les oignons. Une quantité d’œufs est réquisitionnée…
    Que vont-ils nous proposer ? Nous sommes assez curieux, avouons-le ! Le résultat est à la hauteur de notre attente. Salade "à la Russe" avec tomates concassées et concombres, omelette aux oignons faite avec des œufs entiers, assez longuement cuite, ce qui est savoureux bien que déroutant dans la méthode. Des pommes de terre sautées avec des oignons, très salées à la mode Sibérienne, clôturaient la partie roborative du festin. Et pour conclure, bien sûr… M. Melon était de la fête !
    Quoi qu’il en soit, ce cadeau à nous offert est apprécié au point que la quantité fait défaut. Sérieux comme des papes, nos enfants nous regardent manger en veillant à ce que nous ne manquions de rien, très anxieux de notre jugement à propos de leurs qualités culinaires. Au top, les petits chefs ! Du coup, eux-mêmes mangeront bien plus tard, après avoir cuisiné un nouveau repas à leur usage et à ceux de Sergey et Maksim qui rentreront fort tard de sa seconde visite au festival du village voisin.
    Le geste volontaire et appliqué de nos jeunes nous fait un plaisir immense. Cette soirée renforce encore plus les liens que nous tissons entre nous, qui, quoi qu’il arrive, resteront attachés en quelque part sur les rives de nos cœurs.
    La journée se termine comme elle a commencé, dans une atmosphère mêlant bonne humeur, joie de vivre, bonheur d'être ensemble et affection partagée.

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  • Les Robinzon en France : le reportage (16)

    19 AOÛT 2010
    ENTRE MUSIQUE ET LITTÉRATURE

    Le Comte de Monte-Cristo, vous connaissez ? Visiblement nos jeunes musiciens ont lu Alexandre Dumas ou au moins connaissent l'histoire.
    Car aujourd'hui, il est prévu d'aller visiter le château d'If, en rade de Marseille, là où le célèbre auteur de cape et d'épée a situé une partie de l'action de son roman.
    Mais nous ne sommes pas très pressés, il est prévu d'aller déjeuner sur le vieux port, le réveil se déroule donc tranquillement.
    Un ami des organisateurs vient prendre le petit-déjeuner avec le groupe. Il a quelques projets en Russie et vient s'en entretenir avec Sergey.
    L'ambiance est comme d'habitude très chaleureuse et cette présence sympathique ne fait que montrer encore davantage l'ouverture d'esprit de toute l'équipe.
    Vanya et Misha iront même jusqu'à chanter en l'honneur des visiteurs tandis que Sergey se délestera de ses derniers cadeaux raportés de Sibérie.

    MASSILIA

    Après le départ de nos hôtes, nous nous préparons à notre tour à quitter le village de vacances. Misha, fatigué, reste sur place avec Cécile, ils ne se quittent plus, et Roland. Nous prenons la direction de Marseille et les garçons, comme la veille, s'amusent follement à se titiller entre les divers véhicules de notre petit convoi.
    Nous choisissons d'arriver en ville en longeant et surplombant la gare maritime par l'autoroute du littoral. Sergey mitraille de tous côtés : Notre Dame de la Garde, les quais, les bateaux, les immeubles anciens ou ultramodernes, la cathédrale de la Major, le Fort Saint Jean, le palais du Pharo... Puis c'est l'arrivée sur le Vieux Port. Malheureusement à l'heure où nous arrivons, il y a davantage de touristes que de locaux, nous ne verrons pas les pêcheurs et les poissonnières du Vieux Port nous proposer leurs produits frais. Il n'empêche, l'animation sur les quais est grande et Sergey a l'œil vissé à son appareil.
    Nous choisissons de nous engager rue Sainte pour essayer de trouver des places où garer nos véhicules. Le minibus trouve une place au bout d'un moment mais l'autre voiture sera obligée de redescendre sur le vieux port pour trouver un parking souterrain... fort onéreux !

    UN VIEUX-PORT ANIMÉ

    Tout le monde se retrouve et nous choisissons un restaurant de la place aux huiles où nous installons notre petite troupe franco-russe. L'ambiance particulière de Marseille ne semble pas émouvoir outre mesure les plus jeunes de nos garnements qui ont l'œil davantage attiré par les motos garées non loin et certaines vieilles voitures de collection qui passent de temps à autre.

    L'explication des menus proposés est relativement simple et rapide, mais compte-tenu de l'heure un peu avancée, nous ne pouvons opter pour les plats du jour qui auraient ravis tout le monde.
    Nous nous retrouvons donc avec des plats très divers que nous nous amusons, par ce qui est devenu une sorte de rituel, à nous faire goûter mutuellement. Ilya est en face d'un français qui a opté pour des moules-frites et avec son compère et voisin Aliocha, ils se demandent bien le goût que ça peut avoir. Mais à Sibérien, rien d'impossible, ils acceptent tout de même de goûter ce coquillage peu appétissant. Hourra ! Ils aiment, ils vont même allègrement piller la marmite de notre accompagnateur assez content de son choix. Les mimiques et les jeux des deux garçons avec les moules alimenteront des rires difficiles à arrêter.

    Un franc moment de convivialité et de gaité sur le vieux port qu'il faut pourtant écourter après des desserts unanimement appréciés. Ne pas rater la prochaine navette vers le château d'If... zut ! Ratée ! Il y avait trop de monde avant nous. Mais les bateaux se suivent rapidement à ces heures de grande affluence et nous partons peu de temps après vers l'ancienne prison.

    SUR LES PAS D'EDMOND DANTÈS

    Le minuscule quai de l'ilot se profile et nous admirons la dextérité des pilotes pour accoster. Nous voici sur place. Il faut monter derrière une foule nonchalante pour traverser les remparts extérieurs, passer la caisse et voir enfin cette magnifique fortification âgée de presque 500 ans (dont 400 passées à destination de prison) située au milieu de la rade de Marseille dans cet archipel du Frioul tant visité tout au long de l'année.
    La visite est menée au pas de charge par des garçons qui ne cherchent pas à visiter toutes les cellules surmontées du nom de leurs occupants les plus célèbres. Ils préfèrent largement les trois tours et la terrasse qui les relie. L'occasion de prendre de nombreuses photos pour un Sergey qui apprécie beaucoup le site.
    Au sommet de la tour Saint Christophe qui est la plus haute avec ses 22 mètres, nos jeunes musiciens font une découverte qui va leur donner des idées. En effet le sol est bombé du fait de la voute qui surplombe la salle du dessous. Et lorsque l'on se place au centre de cette voute et que l'on chante, la voix acquiert une sonorité particulière qui va provoquer la tenue d'un petit concert improvisé a capella à la grande surprise des autres visiteurs qui applaudiront gentiment les jeunes artistes dont ils ne savent rien.

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    Sergey en profitera pour filmer ses protégés qui s'amusent beaucoup. En redescendant, une halte à la boutique permettra de choisir les cartes postales que les enfants destinent à ceux qui les ont si chaleureusement accueilli en Limousin. Puis Sergey complète sa filmographie musicale du jour par la chanson "Les chemins" chantée par Alexey, Ilya et Vanya au pied du château, le dos tourné vers les calanques de Marseilleveyre que nous ne pourrons malheureusement pas arpenter faute de temps.

    DÉTENTE EN MÉDITERRANÉE

    Une navette est annoncée, il est temps de redescendre et de poursuivre la visite de l'archipel. Le bateau nous amène au port du Frioul. Puisque le temps nous est désormais compté et que nous sommes venus pour nous détendre nous choisissons une petite crique où nous pourrons sacrifier aux joies de la baignade. Pas le temps de visiter le Fort de Pomègues, le sémaphore ou d'aller jusqu'à la batterie du Cap Caveaux où nous aurions pourtant trouvé de jolies criques isolées et vides de touristes.

    Nous nous retrouvons sur un coin de rocher avec un accès à l'eau assez difficile mais qui ne rebute pas des adolescents heureux de pouvoir se rafraichir.
    Pour éviter tout problème, la plupart gardent leurs sandales "amphibies" et c'est une bonne chose ! Les oursins n'aiment pas trop être piétinés. Tout le monde est à l'eau excepté un interprète qui semble allergique à cet élément ou qui ne veut peut-être tout simplement pas avouer qu'il ne sait pas nager. Notre lutin blond, quant à lui, profitera de cet environnement inhabituel pour se lancer pour la première fois dans un endroit où il n'a pas pied et dont il ne voit pas le fond. N'ayant peur de rien, il quittera à plusieurs reprises le support rassurant de Sergey pour rejoindre un autre accompagnateur. A chaque fois d'un peu plus loin. Ca y est Alexey sait nager ! La fierté qui brillera dans ses yeux, plus tard, lorsqu'il sera félicité par l'un des animateurs français, est réelle et contagieuse.

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    L'après-midi se termine ainsi tranquillement. Natation (notre poisson Vanya quittera rarement son élément), concours de ricochet à l'initiative de Patrice qui verra le jeune bassiste effectuer de véritables prouesses, Ivan semble doué pour beaucoup de choses. Ilya et Alexey s'amuseront comme les enfants de douze ans peuvent jouer et rire. Maksim nous gratifiera de quelques numéros d'humour dont il a le secret. Et Sergey ? Et bien Sergey, après s'être longuement baigné avec ses protégés partira faire un tour accompagné de son appareil photo !
    Comme tous les enfants, un crabe monopolisera l'attention des quatre plus jeunes qui auront besoin d'une aide adulte pour attraper, apprivoiser puis relâcher le crustacé.

    DERNIÈRE SOIRÉE EN PROVENCE

    Après un retour tranquille vers le quai des navettes et le vieux port, une halte dans un salon de thé permettra à chacun de reprendre des forces et des vitamines. Les enfants privilégiant comme souvent des mets salés alors que les français se sucrent beaucoup. Les glaces auront également une large part de succès.

    Après avoir récupéré nos véhicules nous quittons Marseille par la Porte d'Aix puis reprenons tranquillement la route de notre très agréable hébergement où Roland, Cécile et Misha doivent nous attendre. Ils ont vraisemblablement commencé à préparer le barbecue ainsi que... les melons !

    Les enfants sont en forme et certains n'hésitent pas à harceler gentiment le grand-père français pour obtenir le privilège de faire avancer de quelques mètres, sur le chemin privé des sous-bois, un véhicule à boîte de vitesse manuelle, chose quasiment inconnue en Sibérie nous disent-ils. Cette nouvelle activité a connu un intérêt certain durant le reste de notre séjour à La Roque d'Anthéron. Ilya, pourtant présent pour encourager ses camarades, ne veut pas tenter l’aventure, trop habitué à la voiture à boîte automatique de son père. Et puis… Il est encore bien jeune notre doux gamin.
    Cette dernière soirée au Village vacances s'éternisera assez longuement après le repas. Elle se terminera par une bataille de polochon homérique, à laquelle quelques accompagnateurs prudents éviteront de participer. Le silence finira quand même par prendre possession de nos bungalows et le sommeil par terrasser les plus turbulents de la soirée.

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  • Les Robinzon en France : le reportage (17)

    20 AOÛT 2010
    AH ! LES BEAUX JOURS !

    Aujourd’hui l’ambiance est assez particulière, un peu tendue comme celle qui précède un orage encore lointain. Les actes s’effectuent, suivis de brefs moments d’attente, comme le feraient des animaux vaguement inquiets sans trop savoir pourquoi. C’est qu’il faut songer à partir pour Paris. Jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à cette dernière matinée provençale, nous n’avions pas osé songer à ces instants, les derniers de cette belle aventure, les moments ultimes d’une amitié qui ne pourra perdurer qu’au travers des échanges épistolaires, plus tard, quand nos enfants auront regagné leur pays, quand ils auront retrouvé leurs familles, leurs copains. Jamais nous n’avons parlé de ces instants redoutables, peut-être par superstition, pour conjurer ce que nous vivons, nous, les Français, comme l’émanation d’un sort funeste.

    PETIT RÉPIT

    L’administration du village de vacances nous permet de rester un peu plus longtemps que ne le prévoient les usages, pour que nos gamins puissent déjeuner plus agréablement que s’il fallait le faire sur le pouce, en bordure qu’une quelconque route surchargée de vacanciers regagnant péniblement leurs pénates, les yeux et la tête chargés de regrets.
    Nous nous efforçons de montrer des visages enjoués à nos jeunes, cachant notre désarroi derrière l’agitation factice des indispensables tâches ménagères. Il n’est évidemment pas question de laisser les lieux en désordre et imparfaitement rangés.
    Vanya en profite pour nous montrer ses talents de comédien, insistant de façon faussement suppliante pour obtenir le privilège de conduire un petit peu sur le chemin. Un désir de garçon partagé d’un bout à l’autre du monde par tous les garçons, qu’ils soient encore enfants ou déjà adolescents. Bien sûr, ses compères ajoutent leurs suppliques à la scène, jusqu’à ce que l’un d’entre nous cède à leurs désirs, après avoir fait semblant de ne pas avoir envie d’accéder à ce caprice.
    La matinée se déroule ainsi, entre activités ludiques et rangements divers. Les jeunes ont mollement préparé leurs bagages, après s’être réveillés tardivement pour cause de combats nocturnes de polochons, qui ont éreinté les troupes.

    EN ROUTE, MAUVAISE TROUPE !

    Le repas est rapidement préparé, tout aussi rapidement consommé, avant de prendre la route en direction du Nord. La longue route jusqu’à Paris se fera en deux étapes. De ce fait nous prenons notre temps pour rejoindre la première halte, chez notre ami Olivier, à quelques kilomètres de Valence. Nous y sommes attendus aux environs de 17 heures, ce qui laisse le temps de parcourir le trajet sans stress inutile.
    Nous profitons de la nécessaire opération de ravitaillement en carburant des véhicules pour effectuer une pause à la cafétéria proche de la station-service. L’atmosphère étant surchauffée, l’idée est accueillie avec ferveur. Les enfants profiteront des quelques douceurs sucrées dont regorgent les vitrines réfrigérées du restaurant.

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    Celui-ci est quasiment désert ! C’est vraiment super ! Une file d’attente gourmande se met rapidement en place devant le glacier. Nos jeunes artistes n'ont besoin de personne pour se faire comprendre, tout le monde est rapidement servi. Évidemment, chaque garçon veut payer sa commande. Il ne saurait en être question, c’est la France qui invite ! Qu'à cela ne tienne : après avoir englouti les énormes glaces et épuisé les sodas, nos jeunes garçons, qui tiennent à montrer leur indépendance et leur autonomie financière, repartent à l'assaut de l’étalage pour en revenir, cette fois, avec des sandwiches ! Quitte à glisser en cachette, voire à se débarrasser ostensiblement de leurs surplus chez un français complice, une fois que leur fringale s'est heurtée à la dure réalité des limites de capacité de petits estomacs déjà bien remplis.

    ON A DIT : EN ROUTE !

    Il est temps de reprendre la route. Cependant, nous avons oublié un léger détail qui nous a fait quelque peu manquer d'anticipation : nous sommes dans un centre commercial. Et qui dit centre commercial, dit forcément… magasins !
    La fièvre acheteuse va-t-elle fondre sur nos gamins comme la frénésie des soldes sur un pensionnat de jeunes filles ? Les premières minutes semblent confirmer cette crainte, mais après une première boutique explorée de fond en comble, la poussée de fièvre tombe rapidement, une brève négociation permet de reprendre la direction du parking sans écumer les innombrables autels tentateurs du Temple de la consommation.

    ORANGE ROUGE

    Nous sommes à l'entrée de la ville d'Orange. Nous qui voulions prendre notre temps, nous sommes servis plus que nous n’aurions pu l’espérer.
    Traditionnellement connue pour son théâtre antique et sa traversée laborieuse, l’agglomération va nous permettre de battre un record de lenteur qui ne sera hélas pas inscrit au Quid. Ne nous éternisons pas sur la patience exceptionnelle dont font preuve les enfants, ni sur celle toute relative qu’arborent péniblement les chauffeurs. Les deux heures que dure cette traversée sont bien trop longues, oublions-les !
    Après cette épreuve, nous reprenons enfin un rythme de circulation normal dans un trafic relativement fluide. Mais le temps est passé plus qu’il n’aurait fallu, il nous faut désormais forcer un peu l’allure pour ne pas rater notre rendez-vous.

    TOUT VIENT À POINT À QUI SAIT ATTENDRE

    C'est au soulagement général que nous arrivons dans le Val de Drôme, après que ce qui devait être un trajet sans problème se soit transformé en un épuisant voyage.
    Nous sommes attendus avec impatience par Nina et par Amandine, les deux jeunes fans de la première heure qui sont venus nous rendre visite avec leur maman, Sonia, lorsque nous étions à Recoubeau-Jansac.
    Olivier et Céline font partie des principaux sponsors du groupe par le biais de leurs sociétés respectives. Ils ont absolument tenu à recevoir les Robinzon chez eux puisqu'ils n'ont pu assister jusqu’à présent à aucun concert.
    Les deux fillettes sont enthousiastes et ont piaffé toute la journée en attendant leurs idoles. Nina et Amandine ne sont pas seules, d'ailleurs, les enfants de Céline ont hâte également de rencontrer ces jeunes russes dont ils ont passé et repassé toutes les vidéos depuis des mois.

    JE T’OBSERVE, TU M’OBSERVE...

    L'atmosphère, d'abord un peu réservée le temps de la découverte, se réchauffe très rapidement. Olivier et Céline se sont mis en quatre pour accueillir notre petite troupe.
    Pendant une collation apéritive qui satisfait pleinement les estomacs sibériens, qui ne sont pas bien sûr encore totalement délivrés de la charge des agapes précédentes, nous assistons à une scène d'un irrésistible comique entre Ilya et Amandine. La petite de 5 ans est tombée sous le charme d’Ilya, depuis le concert du Couriou où elle avait déclaré le plus sérieusement du monde "Il est beau ! Je l'aime". L’enfant ne cesse de toucher son beau Chevalier du bout de ses doigts graciles, de lui caresser les cheveux. Ilya, rougissant de confusion comme seuls savent le faire les jeunes gens, ne sait vraiment plus où se mettre, cherche furtivement des yeux une issue pour essayer de disparaître sous les rires goguenards de ses copains. Ah ! Il est solide le soutien des amis dans les moments dramatiques !
    Mais peut-être, après tout, est-il secrètement flatté de cette tendre dévotion.

    SERVITEUR, MESSIRE !

    Pendant que les enfants visitent la maison sous la conduite de leurs jeunes guides, les adultes font plus ample connaissance. Les maîtres des lieux en profitent pour offrir un cadeau à Maksim dont ils ont appris qu'il fêterait ses 24 ans le lendemain. Une petite attention qui touche beaucoup notre ami guitariste, qui n’était pas du tout préparé à cela.
    Ilya et Alexey, dont la curiosité est toujours en éveil, partent visiter l'atelier où Olivier fabrique les murs à ossature de bois avec lesquels il construit des maisons. Les deux Ivan passent beaucoup de temps à s'amuser avec leurs hôtes juvéniles auxquels ils servent volontiers de monture improvisée, pour des cavalcades joyeuses dans le jardin, mais aussi dans la maison.
    Pour le repas, nos hôtes ont préparé des barbecues au feu de bois. Ils se sont préalablement renseignés sur les goûts des jeunes Russes, ce qui fait que l’on voit surgir, ô surprise ! Des melons !
    Le dîner est très détendu, chacun vient piquer dans les plats ce qui lui plaît, sans contrainte ni soucis de formalisme, assez pour assouvir sa faim et sa gourmandise.

    LES MURS N’ONT HEUREUSEMENT PAS D’OREILLES

    Parallèlement une petite fête improvisée bat son plein, il est heureux que les voisins soient relativement éloignés : la chaîne hi-fi hurle autant qu’elle le peut, les "hits" tonitruants se succédant sans interruption.
    Alors que les airs pop et rock des invités ouvrent le bal, à tout seigneur tout honneur, une sorte d’anthologie de hard rock entrecoupée de morceaux de U2 fera ensuite trembler les murs. Les enfants, russes et français, en pleine harmonie, chantent, jouent, sautent, s'amusent de mille façons sans que la fameuse barrière de la langue ne soit le moins du monde gênante. Les adultes qui ne sont d’ailleurs pas en reste, sont heureux de cette belle ambiance.
    Heureusement que la température extérieure est douce, car les jeunes sont tous véritablement en nage. Il n’y aura pas de rhume. Croyez-moi, il est vain d’essayer de décrire cette soirée sans user de superlatifs qui finiraient par vous lasser, cher lecteur.

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    Alexey, hilare, est capturé au hasard d’une course par Patrice et Roland, pour une séance de balançoire qui fait éclater longuement son rire cristallin. Olivier, de son côté, tient à montrer la vidéo d'un solo de guitare qu'il apprécie particulièrement à notre jeune bassiste. Vanya s'occupe beaucoup d'une Amandine aux anges, ce qui permet à Ilya de profiter pleinement et en toute quiétude de sa liberté de gentil môme.
    Sergey photographie. Maksim filme, joue comme un gosse, détendu. Misha et Cécile se sont isolés du monde, en quelque part dans une bulle rose n’appartenant qu’à eux.

    C’EST PAS TOUT CELA, MAIS...

    Les accompagnateurs sont lucides. Sachant qu’il faudra bien une bonne nuit et la journée du lendemain pour se reposer avant de reprendre la route très tôt, bien avant le petit matin, ils décident de rejoindre sans plus tarder le lieu de couchage distant de quelques kilomètres. La journée ayant été assez fatigante à cause des pénibles embouteillages, personne ne rechigne vraiment à remonter dans les véhicules malgré la tristesse des séparations, puis, une fois en vue des lits, à se coucher sans trop de difficultés. La tête pleine du bonheur d’être accueilli comme des frères aimés.

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  • Les Robinzon en France : le reportage (18)

    21 ET 22 AOÛT 2010
    UNE ÉTAPE CAPITALE

    Le 21 août, Maksim fêtait ses 24 ans en notre compagnie, bien loin des siens auxquels il pensait forcément. Nous lui avions préparé une surprise qui le toucha profondément.
    Gâteaux pâtissiers et boisson ad-hoc, amis réunis et beaucoup d’affection pour ce jeune homme timide et attachant sous ses airs bourrus. Sans doute Maksim se souviendra-t-il longtemps de cet anniversaire inaccoutumé, en France, pour la première fois de sa jeune vie.

    Le reste fut une journée de transition, consacrée à faire les derniers achats, la préparation des bagages pour l’envol vers la lointaine Sibérie, et prendre du repos puisqu'il a été décidé de rouler vers la capitale au milieu de la nuit suivante. Ainsi, les enfants disposeraient d’une journée entière pour visiter Paris. Le soir venu, il fut très difficile de faire dormir les plus jeunes, décidément peu habitués à se coucher avec les poules.

    EMBARQUEMENT

    Le dimanche 22 à deux heures du matin notre petite troupe s'entassa dans le minibus et une berline pour entamer ce morne voyage autoroutier.
    Les deux autres véhicules et les conducteurs accompagnateurs reprirent la direction de leurs régions respectives, faute de places disponibles dans l'hôtel parisien qui devaient nous recevoir la nuit suivante. Les adieux furent assez difficiles, notamment entre Cécile et Misha qui ne désespéraient cependant pas de se revoir à Paris, si possible.
    Il semblerait que la France ne veuille pas que les Robinzon la quittent. Hier, nous avions dû subir la très décourageante traversée d'Orange. Maintenant nous bénéficions de pluies torrentielles nous obligeant à plusieurs reprises à stationner sur les aires d'autoroute, en attendant que ça se calme un peu, nous faisant perdre un temps précieux. Heureusement, la plupart des jeunes passagers est assoupie.

    LES ROBIKS SONT ENTRÉS DANS PARIS !

    L'entrée dans Paris se fait sans grande difficulté, la ville étant presque déserte au mois d’août, avant le grand retour des vacanciers partis chercher de quoi supporter leur vie durant les 11 mois à venir. Il n’est pas très ardu de rejoindre le petit hôtel perdu au cœur du onzième arrondissement.
    Pour ne pas laisser les bagages et les instruments du groupe exposés à la convoitise des roulottiers, le gérant de l'hôtel nous permet d’entreposer l’ensemble dans sa loge, le temps de prendre possession de nos chambres.
    Patrice commence à s’assombrir, sa rage de dent s’étant peu à peu transformée en abcès douloureux. Sergey n'est pas non plus dans une grande forme, victime d'une sinusite qui le fait pleurer. Il est également fatigué, parce qu'il n'a que somnolé pendant le voyage, soucieux de soutenir Patrice visiblement très éprouvé.
    Un petit-déjeuner "parisien" rapidement avalé dans une petite brasserie proche de l'hôtel, met tout le monde en condition pour affronter une journée de visite qui promet d'être chargée.

    L’ART DE PERDRE SON TEMPS

    Evidemment la visite d'une telle ville suscite des envies parfois incompatibles. Certains des enfants veulent admirer la Joconde, d'autres préfèrent découvrir les Champs Elysées. Les accompagnateurs français n'osent pas imposer ce qu'ils connaissent, laissant les russes se décider entre eux. Finalement, l'interprète impose la visite qu'il affectionne particulièrement quand il vient à Paris : les catacombes.
    Grosse perte de temps puisqu'il faut traverser Paris. Mais qu'importe, nous voici partis pour un périple métropolitain qui n'enchante pas grand monde.

    {gallery}Tournee_France/21_22AOUT{/gallery}

    A pied d'œuvre une mauvaise surprise nous attend. Une queue interminable est déjà formée au guichet, ce qui signifie qu’une grande partie de la matinée est consumée en pure perte.
    Certains accompagnateurs accompagnés de Misha, peu soucieux d'aller respirer l’air confiné au milieu d’ossements blanchis et de crâne ne ricanant plus, s'installent sur un banc à l'ombre d'un tilleul, en attendant que le temps passe.
    Les enfants viennent régulièrement faire un brin de causette dans un sabir russo-franco-anglais, assez compréhensible pour se passer des services de moins en moins spontanés de l’interprète.

    J’ATTENDRAI…

    Le groupe s'enfonce, enfin, sous le tarmac. Les trois rebelles décident de changer d'air et se dirigent tranquillement vers une petite boutique de souvenirs faisant également buvette, située près de la sortie des catacombes.

    L'attente recommence, moins pénible puisque cette fois les refuzniks sont confortablement installés devant des verres de boissons fraîches, en compagnie du patron intéressé par ce groupe de jeunes musiciens dont il entend parler pour la première fois.
    Fort étonné de notre choix, n'ayant jamais compris lui-même ce que des touristes pouvaient bien trouver d'intéressant dans cette visite macabre, il nous énumère, à la grande déception de Misha, tout ce qu'il y a de vraiment intéressant et de curieux à voir en ces lieux.

    COUÉ CE QU’ON S’ENNUIE !

    Mais le temps ne passe pas vite et il nous tarde de rattraper ce premier "loupé".
    Le premier à échapper à l’emprise souterraine est Ilya, il nous repère rapidement, et passablement énervé nous dit en termes choisis à quel point il s'est ennuyé. Voici venir Vanya, plus mesuré mais tout aussi déçu car il vient de comprendre qu'il ne verra pas SA Joconde. Ivan semble satisfait, comme toujours. Alexey ne dit rien, forcé par son éternel respect des aînés, mais il sourit peu. Quand à Sergey, c'est simple : il a pris seulement deux photos ! Notre ami interprète, content de lui, essaye de nous convaincre qu'en fait quelques uns des participants ont aimé... La méthode Coué a de beaux jours devant elle.
    Nous devons reprendre les choses en main et d'abord trouver de quoi déjeuner – Eh! Oui! Il est déjà midi passé – Afin de rendre par un vigoureux remplissage d'estomac, un minimum de vitalité à notre petite troupe.

    Des sandwiches variés achetés dans une boulangerie réputée sont dégustés sur un banc non loin d'une bouche de métro, accompagnés de ce curieux soda brun outrancièrement sucré que d’aucuns prétendent parfois réserver au décapage des cuivres. Et encore avons-nous échappé de peu à l'indigeste "fast food" qui - heureusement pour nous - n'accepte pas notre moyen de paiement.

    LE TEMPS DES CATHÉDRALES

    Nouvelle traversée de Paris, en sens inverse, avec un arrêt sur l'île de la Cité afin de visiter la cathédrale Notre-Dame de Paris et d’essayer de grimper dans ses tours, pour profiter du panorama unique, admirer ses gargouilles et ses arcs boutants. Mais la poisse est avec nous : nous arrivons à la plus mauvaise heure, le parvis est noir de monde et les files d'attente qui s'étirent laissent présager de longues heures d’attente, debout dans la foule.

    Heureusement, l’un des membres du groupe a retrouvé le sourire et son bonheur rejaillit sur ses amis. Misha vient d'apprendre que Cécile a réussi à convaincre son père de faire les 400Km qui les séparent de Paris pour saluer une dernière fois les enfants, avant l’envol vers la Russie. Ils ont trouvé des chambres dans un hôtel à proximité du notre, ils se dirigent en ce moment vers nous le plus rapidement possible.
    En attendant, les plus jeunes s'amusent à donner du pain aux piafs des bosquets qui viennent se percher sur leurs mains, leurs bras et même leurs têtes pour quémander quelques miettes de la manne boulangère. Les éclats de rire et les yeux brillants de plaisir doivent rappeler aux vieilles pierres ceux des poulbots de toutes les époques.

    ÉPUISANTE JOURNÉE

    Sergey n'en peut visiblement plus et ne souhaite plus que rentrer à l'hôtel pour se reposer, entrainant les Robinzon qui jamais n’abandonneront leur chef bien aimé. Il enregistre néanmoins un petit message vidéo pour notre ami américain, Chris Morris, qui a grandement aidé au financement du voyage. Misha et Alexey se relayent l'un en anglais, l'autre en russe pour remercier au nom du groupe cet excellent ami d'outre-Atlantique.
    Avec l'arrivée de Roland et Cécile nous repartons enfin vers l’hôtel, non sans avoir arrachée à notre Directeur Artistique la concession d’un petit détour par la Tour Eiffel et l'esplanade du Trocadéro, heureusement sur notre chemin.

    C'est toujours un plaisir que de déambuler entre la Tour Eiffel et le Palais de Chaillot, entre les jeux d'eaux et la statuaire, même en période d’affluence, ce qui est encore le cas, harcelés par les vendeurs à la sauvette essentiellement composés de sénégalais membres de la confrérie soufi des Mourides.
    A ce sujet, comme tous les enfants, nos petits sibériens soucieux de rapporter à leurs proches et à leurs amis quelques souvenirs "français", sont des proies rêvées. Les accompagnateurs français doivent courir souvent après les vendeurs pour renégocier, parfois très fermement, les prix généreusement "consentis" aux enfants qui croient avoir fait de bonnes affaires parce que leur interprète a obtenu un rabais de quelques euros.

    Pas vraiment dupes, mais n'ayant plus trop le temps de chercher des cadeaux fabriqués ailleurs qu'en Asie, les Robinzon tiennent vraiment à rapporter leurs tours Eiffel métalliques de toutes tailles. Nous espérons que nos interventions un peu rudes auront permis qu'ils ne soient pas dépouillés au profit de sectes ineptes dépourvues du moindre scrupule.
    Le plaisir des enfants a redonné des couleurs aux adultes, notamment à Patrice et Sergey, de plus en plus épuisés. Nous prenons enfin la direction de l'hôtel en utilisant les lignes de métro situées derrière le Palais de Chaillot. Sergey enregistre, cette fois, de nombreuses photos souvenirs.

    ATMOSPHÈRE

    Il n’est pas très tard. Les chambres sont investies dans la bonne humeur. Nous remercions la charmante famille qui tient l'hôtel des Andelys. Leur accueil fut chaleureux et tout au long de notre présence ils montrèrent une gentillesse et une disponibilité rares, surtout dans les grandes villes.
    Sergey est allé se ressourcer un peu en attendant l’heure d’aller partager un dernier repas, que nos amis russes souhaitent un peu formel. Un français court après les deux plus jeunes qui ne sont intéressés que par l'ordinateur de l'interprète, ignorant qu'ils doivent se faire beaux pour le diner. Mais grâce aux traductions de Misha que nous informons en anglais, ils se plient finalement de bonne grâce, avec un sérieux remarquable et partent rapidement se préparer.

    ÉMOTIONS

    A l'heure dite, notre groupe fait la connaissance de Laurent, notre ami de la télévision venu saluer la troupe, qui nous dirige vers une brasserie de qualité où se déroule le repas le plus conventionnel du voyage.

    Les discours de remerciements et d’adieux, empreints d'émotion contenue, précédent un repas joyeux où Laurent est à son tour complètement conquis par les jeunes artistes.
    C’est un moment assez éprouvant pour les français qui ont partagé la vie de ces enfants pendant deux semaines. Il faut quand même faire bonne figure, se montrer joyeux, alors qu'une profonde tristesse commence à poindre.
    Et c'est le cœur vraiment très lourd qu'encadrés par nos chers enfants tout pimpants dans leurs tenues achetées à Marseille, tous un peu étourdis par la soirée, que nous repartons à l'hôtel. Pour une dernière nuit qui allait s'avérer plus que douloureuse pour Patrice, peu propice au sommeil de ceux que l’inéluctable séparation rend insomniaques, dont Cécile et Misha.

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  • Les Robinzon 8 s'adressent à vous

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    Les membres du groupe Robinzon 8 souhaitent à tous leurs fans de France et d'ailleurs, de très bonnes fêtes de fin d'année et une heureuse année 2013!!!
    Traduction française du message des Robinzon 8 :

  • Les Robinzon en France : le reportage (19)

    23 AOÛT 2010
    FIN DES ÉMISSIONS

    Aujourd'hui nos Robinzon rentrent chez eux…
    Le réveil est relativement matinal puisque nous avons prévu d'être à 10 heures à l'aéroport de Roissy. L'avion ne doit s’envoler qu'un peu après midi, mais l’on nous a recommandé de nous présenter à l'enregistrement environ deux heures avant.
    La nuit n'a pas été vraiment facile. Patrice qui a beaucoup tiré sur son état de santé s'est écroulé en pleine nuit, l’abcès s'est transformé en phlegmon spectaculaire. Ce matin, il nous inquiète beaucoup. Roland part de bonne heure à la recherche des antibiotiques devenus indispensables. Cette urgence nous empêche de nous laisser aller au blues provoqué par la prochaine séparation.
    Pendant ce temps, il faut également préparer le départ. Les deux plus jeunes dorment encore. Celui qui est chargé de les réveiller a un peu de mal à s'y résoudre, il regarde avec affection et déjà beaucoup de nostalgie, les gamins abandonnés au sommeil. Sous le regard quelque peu narquois de Misha qui partage leur chambre. Celui-ci explique en anglais qu'ils font semblant de dormir pour rester plus longtemps au lit. Pour avoir le rare plaisir d’être tout à fait crédules, nous dirons qu'ils somnolaient en attendant le dernier moment.

    Une fois réveillés les deux galapiats se préparent rapidement puis descendent prendre leur petit-déjeuner "sur mesure" gentiment préparé par l'hôtelier. 
    Sur mesure, car nous avons apporté avec nous le jus d'ananas dont certains raffolent et surtout… l’incontournable, l’inoubliable, l'éternel melon. Ce fruit les aura accompagnés tout au long de leur séjour en France.

    QUAND FAUT Y ALLER…

    Les visages sont un peu tirés, qu'ils soient d’adultes qui en ont vus d’autres ou d’enfants tentant néanmoins d’afficher le plus grand naturel. Les bagages ont été soigneusement enveloppés dans du film transparent, dès Valence. Il suffit donc de charger le minibus et aussi la voiture de Roland.
    Sergey est l’un des premiers à déjeuner, trop légèrement à notre goût, puis il part faire quelques photos dans les rues avoisinantes. Il sait que ses petits sont entre de bonnes mains et que tout sera prêt à temps.
    Dans la perspective du voyage en avion, de ses horaires de repas hypothétiques, nous essayons de nourrir notre petite troupe dont les membres débarquent dans le petit salon du gardien de nuit à la queue-leu-leu. Nous complétons également leurs sacs de cabine avec toutes les friandises que nous trouvons. Il faut bien reconnaître que ce n'est pas vraiment l'angoisse d'appétits inassouvis qui nous tenaille. C'est davantage un besoin incoercible de leur montrer notre affection, de nous occuper de "nos" petits, que nous savons bientôt loin de nous pour une longue période.
    Patrice, incapable de bouger, se repose et reste dans sa chambre après avoir pris ses médicaments. Il essaie de dormir et les enfants, très inquiets pour leur ami "Mister Prézidante oui bien sûr", à regrets ne lui donneront pas l’accolade de la séparation, mais c’est pour ne pas le déranger.
    L'atmosphère est un peu lourde durant le trajet jusqu’à l'aéroport. Heureusement, le trafic est fluide et nous arrivons avec un bon quart d'heure d'avance.
    Nous envahissons les guichets d'enregistrement encore relativement déserts. Nous préférons effectuer sans délai les formalités obligatoires, afin de profiter de quelques dizaines de minutes pour faire nos adieux, échanger les dernières plaisanteries, les petits gestes d’amitié. Espoir bien vain, nous le verrons.

    DUR, DUR !

    Les cœurs sont lourds, les yeux sont rouges, les français ont bien du mal à contenir l'émotion qui les submerge. Nos amis russes sont tiraillés entre la joie du retour chez soi, vers la famille, et la tristesse de quitter des amis.
    Seul, Alexey, comme à son habitude, semble survoler la scène. Son éternelle joie de vivre, ses sourires lumineux essayent de casser la quasi-morosité ambiante.
    Les habituels petits chahuts entre les garçons retombent très vite. Un à un les membres du groupe passent à l'enregistrement, où Sergey s'occupe des formalités. Pendant ce temps nous en profitons pour faire les dernières photos, des photos destinées à être rangées parmi les souvenirs émouvants de cet été, des images que ne verra pas le public parce qu’elles sont posées là, en quelque part sur nos cœurs d’adultes prétendument blindés.
    Les derniers bagages enregistrés, nous faisons la dernière photo de groupe. L’on imagine aisément l'émotion qui étreint tout le monde. Cécile et Misha, serrés l'un contre l'autre, n'arrivent pas à contenir leur chagrin sous le regard triste et compatissant des autres membres du groupe.

    {gallery}Tournee_France/23AOUT{/gallery}

    Nous avons encore du temps et nous espérons pouvoir nous quitter en échangeant quelques dernières paroles, chaleureusement, en partageant quelques instants ultimes, dans un bar de l'aéroport.
    Mais, d'un coup, sous l'impulsion et les exhortations de l’interprète visiblement trépignant d’impatience de visiter les boutiques duty-free, le groupe nous quitte, se dirige vers les chicanes d'embarquement, non sans jeter de nombreux regards en arrière, des petits sourires désolés accompagnés de grands gestes d'affection.
    Nous restons plantés là, désemparés, tristes, perplexes, n'ayant même plus la force de maudire cet avion qui va emporter si loin les gentils diamants d'un lumineux été qui demeurera à jamais l’un de nos meilleurs souvenirs.

    Nous n'avons plus qu'à partir en traînant un peu les pieds. Même la caisse du parc à voiture manifeste sa désapprobation, en refusant de fonctionner correctement.
    A l'hôtel, Patrice se sent un peu mieux. Avant de nous séparer à notre tour pour de longs mois, nous allons manger, nous le dernier carré des Vaillants, dans une petite brasserie, tout là-bas au bout de la rue brusquement moins lumineuse. Pour compléter notre tristesse qui désormais ne se cache plus, la pluie s’en mêle, insistante, comme pour laver les dernières bribes de moral qui nous restent.
    Patrice est encore très malade, mais nous ne pouvons pas abandonner l’un de nos véhicules à Paris. De plus, Philippe, notre bienfaiteur de Bourg de Péage a absolument besoin de récupérer le minibus qu'il a si gentiment mis à notre disposition.
    C'est ainsi qu'avec un "mister Prézidante" épuisé et malade, nous reprenons la route du sud, vers la vallée du Rhône. Un trajet d’au moins douze heures particulièrement épuisant clôture sans panache cette belle aventure.

    C’ÉTAIT HIER

    Nous avions le cœur gros mais des souvenirs plein la tête. Nous avions vécu une quinzaine de jours avec des adolescents réellement lumineux, au talent remarquable, à la gentillesse et à la simplicité étonnantes malgré leur notoriété d’artistes. Ils le disent souvent : "nous sommes des enfants comme les autres". Sans doute. Mais non! C'est tout le paradoxe Robinzon. Pareils à des enfants de leur âge, avec un peu plus d’amour de la vie dans les yeux, peut-être…
    Nous étions littéralement vidés, comme après un intense effort, une longue marche, mais nous étions pourtant débordants de tout ce que nous avaient offert ces diables de mômes.
    Malgré la tristesse de la séparation nous savions, au plus profond de nos êtres, que cette aventure unique ne serait pas seule, sans lendemain.

    ET MAINTENANT…

    Effectivement ! Depuis leur départ, les liens se sont consolidés, les projets communs se mettent en place. Les contacts sont quotidiens, chaleureux.... et la tournée de 2011 se prépare.
    L'aventure des Robinzon en France n'est pas finie... Elle commence tout juste!

    REMERCIEMENTS

    Ils ont participé financièrement, ils ont fait don de leurs prestations, ils ont sponsorisés, ils ont soutenu, ils ont accueilli, nourri, hébergé, ils ont prêté des véhicules, du matériel, ils ont encouragé de près ou de loin l'expérience, ils ont donné du temps, parfois beaucoup...
    Grâce à eux nous avons pu organiser le premier voyage des Robinzon en France : nous les remercions très chaleureusement.

    Cités par ordre chronologique : Serge (Bersac sur Rivalier) ; Michèle "soupère woman" (Châteauponsac) ; Jean-Michel Bertrand (Maire de Bersac sur Rivalier) ; Régis, Annie, Mireille, Patricia (le personnel du village de vacances de Bersac) ; Jacques Pleinevert (Maire de Compreignac) ; Rolande Douillard (Présidente du Syndicat d'initiative de Compreignac) ; les bénévoles de l'amicale de laïque Compreignac ; Serge Coussot, garage du pont à Bessines sur Gartempes ; Stéphane Veyriras (Conseiller Général du canton de Nantiat) ; l'équipe du club nautique de Saint Pardoux et son président Alain Bouchet ; Jean-Michel Lardiller (maire de Saint Pardoux) ; Paul, Hugo et leur grand-père (Toulouse et Bersac) ; Didier Ouvrard ; Bernard et sa famille (Fromental) ; le centre de la mémoire d’Oradour sur Glane ; Elena et Elisa Sagnol (Le Puy en Velay) ; Philippe (Bourg de Péage) ; Alain (Sillans) ; Emmanuel Gondras et l'équipe de Spéléoconcept ; Daphné et son époux (Grotte de la Luire) ; Jean-Claude (Camping Le Couriou à Recoubeau-Jansac) ; Sophie et sa famille (Pâtisserie Nougatine à Die) ; Jimmy (Valence) ; Alain "Ziol" et Marie-France "Tibou" (Saint Vincent la Commanderie) ; Isabelle, Edmée et Alain (Cadenet) ; Olivier (Soub'bois) et Céline (Alp'plans concept) à Allex ; Chris (Pennsylvanie - USA) ; Aris (Pays-Bas)... en espérant n'avoir oublié personne.

    Merci également aux accompagnateurs du Limousin, d'Auvergne et de Rhône-Alpes qui ont souvent participé à toutes les étapes du projet : préparation, organisation, financement, intendance, encadrement, tâches ménagères, etc...
    Merci, enfin, à ceux qui s'efforcent de concrétiser la suite des événements.
    Roland (représentant des Robinzon en France) et l'Association Culturelle Franco-Slave.

    SAINT PÉTERSBOURG

    Le retour aérien des Robinzon n'était pas direct. Une escale de près 6 heures à Saint Pétersbourg leur a permis de visiter une partie de cette grande ville russe chargée d'histoire. Voici quelques unes des photos de cette visite.

    {gallery}Tournee_France/23AOUTsp{/gallery}

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